Alcatel-Lucent : un millier de salariés contre le plan social

(Reuters)

Au moins un millier d'employés d'Alcatel-Lucent se sont rassemblés mardi à Paris, Rennes ou Toulouse, pour protester contre le plan de suppression de 900 postes au sein de l'équipementier télécoms et la fermeture de certains sites. Michel Combes, le nouveau directeur d'Alcatel-Lucent, les a lui mis en garde contre un risque de "disparition" de l'entreprise. 

"On paie les errements d'une direction qui n'a jamais eu un vrai plan industriel et qui a raté les virages technologiques. Malheureusement c'est par son incompétence qu'on se retrouve là ". Les salariés d'Alcatel-Lucent étaient remontés, ce mardi matin, pour manifester contre le plan de suppression de postes du groupe Alcatel-Lucent. Il y a une semaine, le groupe franco-américain a annoncé la suppression de 10.000 postes dans le monde, dont 900 en France. 

Une surprise, notamment pour les salariés de Toulouse et de Rennes, dont les sites vont être fermés. Ce mardi matin, leur message était donc de dire "Notre avenir est à Rennes ". 

Les salariés ne comprennent pas

Ils étaient près de 1.500, dès la fin de matinée, près de l'esplanade des Invalides à Paris, à avoir répondu à l'appel de l'intersyndicale CFDT, CFE-CGC et CGT, selon le responsable CFDT du groupe, Hervé Lassalle. Près de 25 bus auraient notamment convoyé des salariés depuis les sites de province.

En tête de cortège et au son du biniou, la cornemuse bretonne, les salariés de Rennes ont défilé pour dénoncer la fermeture de leur site (130 emplois), selon Eric Petit qui manifestait comme deux de ses collègues, habillé "en squelette pour symboliser le champs de ruines qu'est en train de mettre en place Alcatel ".

 

Pierre Kéttels, ingénieur de développement sur le site de Rennes, explique qu'il ne comprend pas la fermeture programmée. "C a ne se jusitifie pas ", explique-t-il. "A Surennes, on a un site très jeune, qui travaille sur des activités que la direction veut renforcer dans son nouveau plan. La 4G notamment ".

Sans y aller par quatre chemins, il a directement mis en cause la direction d'Alcatel-Lucent : "On a toujours une épée de damoclès au dessus de nous, l'impression de ne jamais pouvoir bosser de manière efficace parce qu'il y a de la réorganisation en permanence ". 

Pour le patron, "Alcatel-Lucent peut disparaître"

Au cours de la matinée, le patron de l'entreprise, Michel Combes, a tenu à mettre en garde ses salariés sur la possibilité pour l'opérateur télécoms de "disparaître ", affirmant qu'il avait lui-même renoncé à un plan de son prédécesseur visant à cesser complètement les activités françaises du groupe. Il faut dire qu'Alcatel-Lucent est déficitaire depuis 2006, sans discontinuer. 

"Le plan fixe des objectifs indispensables à la survie de l'entreprise ", a estimé Michel Combes, "mais il peut évidemment être amélioré. C'est l'objet du dialogue social qui s'ouvre aujourd'hui. Nous avons quatre mois pour discuter, négocier des modalités, du calendrier, des mesures d'accompagnement de ce plan ", a-t-il souligné.

"On ne demande qu'à le prendre au mot ", lui a répondu Stéphane Dubled pour la CGT, lors de la manifestation.