Vol du reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne : jusqu'à quatre ans de prison ferme pour les voleurs

Le reliquaire du cœur d\'Anne de Bretagne, à Nantes (Loire-Atlantique), le 8 avril 2014.
Le reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne, à Nantes (Loire-Atlantique), le 8 avril 2014. (MAXPPP)

Ce joyau d'orfèvrerie, daté du 16e siècle, a été volé en avril 2018 puis récupéré par la police une semaine plus tard. 

Le tribunal correctionnel de Nantes a prononcé, lundi 27 mai, des peines allant jusqu'à quatre ans de prison ferme à l'encontre de quatre hommes impliqués dans le vol du reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne. Cet objet funéraire d'orfèvrerie du 16e siècle, a été dérobé dans le musée Dobrée à Nantes (Loire-Atlantiques) en avril 2018 puis retrouvé une semaine plus tard. 

Les quatre prévenus ont tous été condamnés à de la prison ferme assortie à des amendes, en fonction de leur degré d'implication et de leurs casiers judiciaires.  Deux ont écopé de quatre et trois ans pour "vol d'un bien culturel" et "association de malfaiteurs", le troisième à 30 mois pour "vol aggravé", et le dernier à 18 mois pour "recel de vol aggravé".

"L'Arsène Lupin de Saint-Nazaire"

Ces peines sont inférieures aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé de trois à cinq ans de prison pour les prévenus, réfutant l'amateurisme supposé de cette équipe, dans laquelle seul l'instigateur a reconnu les faits. Lors de l'audience, le cerveau de l'affaire avait pourtant tenté de plaider la totale improvisation de son larcin réalisé avec des comparses qu'il refuse de dénoncer. "Il y avait rien de préparé", "ça s'est fait à la dernière minute", a répété le jeune homme de 23 ans, barbe soignée et cheveux blonds retenus par un chignon.

Cet étudiant en BTS chimie affirme avoir découvert ce joyau d'orfèvrerie en visitant le musée quelques mois plus tôt pour un devoir d'histoire-géographie. "Qu'on soit amateur ou grand bandit, je pense que n'importe qui serait attiré par un objet comme ça", a-t-il affirmé.  C'est "l'Arsène Lupin de Saint-Nazaire, il s'y est cru... Mais ça n'a pas duré longtemps", avait plaidé Denis Lambert, avocat du principal suspect, qui rappelle que les faits se sont déroulés sans arme ni violence.

"Un magot à pendre"

Une version contredite par les déclarations d'un autre prévenu, qui ont été lues à l'audience. "Il a dit qu'il y avait un magot à prendre et qu'il fallait bien travailler le coup", avait avoué ce dernier. Selon l'enquête, l'instigateur a bien préparé le vol, en payant la somme de 1 000 euros à un autre prévenu chargé de faire un repérage vidéo à l'intérieur du musée. Il aurait aussi acheté avec un prête-nom la voiture utilisée le soir des faits et a effectué des recherches sur les plans du musée. La valeur du reliquaire d'Anne de Bretagne est estimée à plus de dix millions d'euros.

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