VIDEO. Le combat d'Ibrahim, livreur à vélo, pour faire valoir ses droits

BRUT

C'est l'un des meilleurs livreurs de Paris. Sur son vélo 7 jours sur 7, on l'appelle "La Machine". En situation irrégulière, son emploi était menacé. Mais avec d'autres livreurs sans papiers, ils ont obtenu une voie vers la régularisation. Ibrahim Abdulkader Traoré raconte.

Il est l'un des livreurs à vélo qui a ouvert la voie vers la régularisation de livreurs sans-papiers. Aussi appelé "La Machine", Ibrahim Abdulkader Traoré travaille sept jours sur sept et enchaîne parfois neuf heures de livraison à vélo.

Un investissement hors norme

En décembre 2019, il réalise un record : 1574 kilomètres en un mois. Originaire de Côte d'Ivoire, il n'avait jamais vraiment fait de vélo avant d'être livreur en France. "C'était le boulot qui était le plus facile à avoir, pour avoir quelque chose à manger, pour louer sa maison", explique-t-il. Cet ancien gendarme a quitté la Côte d'Ivoire et sa famille en 2018. À son arrivée en France, il n'avait pas de logement et s'est notamment fait héberger par des amis. Sans titre de séjour ni permis de travail, il a emprunté des comptes pour travailler comme livreur sur les plateformes. Puis, il remplace rapidement son premier vélo contre une bicyclette électrique. "Dès que je commence à travailler, je suis à fond, j'aime le travail, c'est ma passion", assure Ibrahim. 

Juin 2020, un mois de conflit

En juin 2020, une enquête de Libération dévoile que Frichti a recours à des livreurs sans papiers. L'entreprise bannit les travailleurs illégaux de l'application. 200 livreurs à vélo ou à scooter réclament alors leur régularisation. La moitié des travailleurs mobilisés ont finalement pu entreprendre une démarche de régularisation. "J'ai un rendez-vous à la préfecture pour un récépissé qui va me permettre de travailler. Et puis, à la suite de ça, je serai régularisé donc je souhaite que ça se passe aussi vite parce que là il y a ma famille qui me manque, surtout mon père et ma fille que j'ai vraiment envie de voir", explique Ibrahim. Aujourd'hui, il cherche un nouveau travail.

Enfin, Frichti s'est engagé à recruter d'ici décembre une quinzaine de ces livreurs comme salariés, en cuisine ou en préparation de commande.

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