Vague de suicides chez les forces de l'ordre : "Les policiers ont des horaires... de merde"

Un policier et une femme gendarme sont de dos, le 1er avril 2016, à Reims, dans la Marne.
Un policier et une femme gendarme sont de dos, le 1er avril 2016, à Reims, dans la Marne. (MAXPPP)

Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP-Police Force Ouvrière, a crié sa colère, lundi sur franceinfo, alors que les suicides chez les forces de l'ordre est en hausse en 2017.

"C'est la politique du chiffre, c'est un management déplorable, ce sont des horaires qui sont d'un autre monde." Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP-Police Force ouvrière n'a pas retenu sa colère, lundi 13 novembre sur franceinfo, alors que les suicides chez les forces de l'ordre est en hausse cette année. Huit membres de la police et de la gendarmerie ont mis fin à leurs jours depuis début novembre. Ce chiffre est porté à 44 policiers et 16 gendarmes depuis le début de l’année 2017, selon le ministre de l'Intérieur.

"Vous imaginez un flic confronté à la misère humaine du matin au soir qui a droit à un week-end toutes les six semaines pour retrouver son épouse ou son époux ou même pour pouvoir assurer sa garde alternée ?", s'est indigné Yves Lefebvre. Le syndicaliste a aussi pointé les conséquences sur la vie privée : "Mes collègues divorcés se voit retirer le droit de garde alternée parce qu'ils ont des horaires... de merde."

On n'en peut plus de ces horaires, on n'en peut plus de cette pression hiérarchique, on n'en peut plus de cette politique du chiffreYves Lefebvre
secrétaire général d'Unité SGP-Police Force Ouvrière
à franceinfo

Les forces de l'ordre sont à bout de souffle. "Le policier en a marre d'être infantilisé en permanence et d'être aujourd'hui placé sur l'autel de la rentabilité exclusive. Aujourd'hui, il faut faire du chiffre, il faut faire du bâton et on s'en fout que le flic soit mal dans sa tête", a dénoncé Yves Lefebvre.

Le ministre de l'Intérieur a annoncé, durant le week-end, vouloir réunir "rapidement" les représentants des policiers et gendarmes pour évoquer les dispositifs de prévention contre le suicide et les moyens d’en renforcer encore l’efficacité.

"On a tiré la sonnette d'alarme, une fois de plus, en disant à Gérard Collomb : 'Maintenant ça suffit ! C'est un de trop ! Les flics sont au bout du rouleau'", a rapporté Yves Lefebvre. "Le ministre de l'Intérieur ne peut pas continuer à pratiquer la politique de l'autruche encore plus longtemps. Il y a un grave malaise dans nos rangs. Il faut s'en saisir", a ensuite exigé le syndicaliste.

Yves Lefebvre a mis en garde. Selon lui, "on ne pourra pas faire cette police de sécurité du quotidien sans se préoccuper au préalable du quotidien des policiers". Le syndicaliste met directement en cause la sécurité des Français : "Comment voulez-vous qu'on puisse assurer la sécurité et lutter efficacement contre Daesh ? Ce n'est pas possible."