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Des congés maternités pour les éléphants du Laos ?

Le Laos compte environ 450 éléphants domestiqués. Ces animaux sont une des forces majeures de travail du pays. Utilisés dans le tourisme ou dans l’industrie du bois, les éléphants travaillent quotidiennement et permettent à leurs propriétaires de gagner un revenu qui ne repose parfois que sur cette exploitation. Certains sont même contraints au travail durant leur grossesse.

Une incompatibilité entre grossesse et travail

Gilles Maurer, chercheur au CNRS, explique dans une interview : « Les éléphants ont une gestation qui dure 22 mois en moyenne. Ensuite la femelle, une fois qu’elle met bas son éléphanteau, doit s’en occuper pendant à peu près 3 ans ».

La femelle, fatiguée par la grossesse, est moins efficace dans le travail physique. Dès lors que son petit naît, elle devient très protectrice. Il est donc compliqué, même dans le tourisme, de la faire travailler : elle protège son enfant et peut se montrer difficile d’approche. De plus, le petit la suit partout, ce qui entrave ses déplacements.

Le sacrifice des propriétaires

Incapable de se priver de revenus pendant 3 ans à cause de la maternité de leurs animaux, les propriétaires d’éléphants décident bien souvent de continuer à faire travailler les éléphants et de les empêcher de se reproduire. 

Ce choix a conduit à une très forte diminution du nombre de naissances au cours des vingt dernières années. On ne dénombre aujourd’hui qu’une dizaines de naissances par an dans tout le Laos. 

Gilles Maurer a pourtant une solution : « Mettre en place un système qui permettrait d’effacer ces circonstances économiques. (…) L’idée, c’est d’éliminer ces facteurs-là en finançant en quelques sortes des congés maternités qui permettraient de couvrir le manque à gagner ».

Selon lui, cette mesure pourrait bien permettre de relancer les naissances d’éléphants au Laos, en incitant les propriétaires à faire de la reproduction une partie intégrante de leurs activités.

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