La Mad Jacques, une course folle de 350 km en autostop

L\'affiche de la quatrième édition de la Mad Jacques en 2017.
L'affiche de la quatrième édition de la Mad Jacques en 2017. (MAD JACQUES)

La Mad Jacques, "un festival de l’aventure et de la mobilité douce", se déroule samedi et dimanche. 1 500 joueurs doivent arriver le plus vite possible, en stop, à Chéniers dans la Creuse. Ils partent de Paris, Lyon ou Nantes.

On connaissait les courses à pied, à vélo... voici la course en autostop ! La quatrième édition de la Mad Jacques s'est élancée, samedi 10 juin, au départ de trois villes : Nantes, Lyon et Paris. Le principe : les 1 500 participants doivent rejoindre -au plus vite, en binôme et en stop - Chéniers, un village de moins de 600 habitants dans la Creuse. 

La poisse après trois heures de route

La destination a été tenue secrète jusqu'au départ de la course, samedi 10 juin au matin. Charline et Margaux, deux Parisiennes de 29 ans, ont quitté la capitale vers 7h30, le pouce tendu vers la Creuse, à environ 350 kilomètres de route. À 10h30, c'est la panne. "Je suis sur le bord de l'autoroute, à quelques mètres d'Orléans où nous venons de crever", explique l'une des jeunes femmes à franceinfo.

Mohamed, le conducteur qui les a prises en stop à Antony tente de les rassurer : "J'attends un ami qui va me ramener ce qu'il faut pour changer la roue. Après je vais essayer de les déposer vers Vierzon [dans le Cher, ndlr]. Elles peuvent très bien trouver quelque chose pour les emmener vers Châteauroux là-bas." Après Châteauroux, dans l'Indre, il reste une heure de route départementale au binôme pour s'enfoncer dans la Creuse jusqu'à Chéniers.

"J'aime bien les organisations originales"

Entre temps, les premiers participants sont déjà arrivés. Alice et Anne-Charlotte ont mis moins de quatre heures de route au départ de Paris. "On est arrivé porte d'Orléans où il y avait beaucoup de participants qui cherchaient des chauffeurs, raconte Anne-Charlotte. On a croisé le regard de François qui s'apprêtait à partir pour Dijon. Après avoir un peu sympathisé, François a bifurqué sur l'autoroute et nous a amenées jusqu'au lieu d'arrivée." 

Les filles sont chanceuses et François, heureux : "J'aime bien les organisations originales, les défis et surtout avec des covoitureuses charmantes et agréables. Donc, voilà, j'ai pris ma journée pour passer une journée agréable."

Un parcours ponctué de défis

Sur la Mad Jacques, il y a aussi des défis qui rapportent des minutes en moins sur le temps final. Alice et Anne-Charlotte devaient faire "un selfie dans un champ avec un animal". Elles ont trouvé un champ de vaches et s'en sont sorties "avec pas mal de piqures d'orties" avant de repartir "en trombe vers la victoire", raconte Anne-Charlotte. Avant de parler de victoire, il faut encore comptabiliser les temps et les défis de chaque équipage. 

Cette course est "un festival de l’aventure et de la mobilité douce", indiquent ses organisateurs qui attendent les autostoppeurs au point d'arrivée. "On est dans un ancien QG de la résistance qui a été transformé après-guerre en une espèce de camp de jeunesse, raconte Vincent Drye, l'un des organisateurs de la Mad Jacques. "Et puis, c'est la Creuse quoi ! Il y a une petite rivière, il y a un moulin, il y a de vieilles machines, de vieilles charrettes, qui ont été disposées un peu partout sur le site donc ça a vraiment un côté pittoresque."

Géolocalisation et voiture balai

En attendant, il faut surveiller les retardataires pendant la course. "Une équipe géolocalise les participants, les suit sur un écran en temps réél, voit leurs déplacements et contacte les binômes les plus en perdition, indique Vincent Drye. Ensuite, on a des voitures balai pour essayer d'aider au maximum les participants sachant que la Mad Jacques ne garantit aucunement qu'on arrive."

C'est aussi cela l'esprit, c'est l'aventure et il y a toujours le petit risque de se tromper de route, d'aller en Bretagne au lieu d'aller en Creuse. Là, on a des participants qui sont à Nancy". Nancy, à 575 km de Chéniers... Vincent Drye, co-organisateurs de la Mad Jacquesà franceinfo

La suite, c'est 24 heures de concerts sur place, des ateliers pour apprendre à pêcher, bricoler et brasser, un karaoké géant ou encore un marché paysan, puis un retour en bus dimanche.

Mad Jacques 2017 : le reportage de Léo Tescher pour franceinfo
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