Anne Hidalgo, la maire de Paris, réclame une "amende record" de 12,5 millions d'euros contre Airbnb

Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, dans son bureau de l\'Hôtel de ville, le 24 janvier 2019. 
Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, dans son bureau de l'Hôtel de ville, le 24 janvier 2019.  (MAXPPP)

Dans une nouvelle action en justice contre la plateforme, l'élue réclame aussi une réduction considérable des nuitées autorisées.

"Nous ne pouvons pas accepter qu’Airbnb et consorts ne respectent pas la loi." La maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, a de nouveau assigné en justice la plateforme de location, comme elle l'annonce dans Le Journal du dimanche daté du 10 février. L'édile réclame une "amende record" contre Airbnb, soit 12,5 millions d'euros, pour avoir mis en ligne 1 000 logements non enregistrés, comme le prévoit la loi Elan. Anne Hidalgo réclame aussi une réduction considérable des nuitées autorisées.

"La règlementation n'est pas respectée", tonne la mairie de Paris, rappelant la règle qui limite la location d'un logement à 120 jours par an et réclame d'avoir un numéro d'enregistrement. La loi Elan prévoit que l'entreprise paye une amende de 12 500 euros pour chaque offre non conforme.

Des logements loués à plus de 100 euros la nuit

"Les 31 agents assermentés" ont ainsi épluché les annonces "dans les arrondissements les plus touchés par la location" (du Ier au 7e arrondissement, et dans le populaire 18e arrondissement), dont les logements sont loués à plus de 100 euros la nuit, et qui avaient plus de dix commentaires (preuve d'une mise en location régulière), précise l'entourage de la maire de Paris. Au total, "1 000 annonces" qui n'avaient pas de numéro d'enregistrement, ont été répertoriées.

Le but est de provoquer un électrochoc pour en finir avec ces locations sauvages qui dénaturent certains quartiers parisiens.Anne Hidalgo, maire de Parisau "JDD"

"Je n’ai rien contre les Parisiens qui louent leur logement quelques jours par an pour mettre du beurre dans les épinards, poursuit Anne Hidalgo. Le problème, ce sont les multipropriétaires qui louent toute l’année des appartements aux touristes sans les déclarer, et les plateformes, complices, qui les accueillent." 

"De la prédation, de l'industrie lourde"

Or, actuellement pour la maire de Paris, "ce n'est pas de l'économie de partage mais de la prédation, pas de l'artisanat mais de l'industrie lourde"

Les derniers chiffres de l'Hôtel de Ville indiquent que "26 000 logements", mis en ligne sur Airbnb il y a quelques mois, ont disparu de la location classique dans le centre de la capitale. En outre, la population de la capitale diminue depuis plusieurs mois, particulièrement dans l'hypercentre, selon des études de la mairie de Paris rendues publiques récemment.

"Airbnb a déjà mis en œuvre des mesures adaptées, avec plusieurs plateformes de location meublée touristique, afin d’aider les hôtes parisiens à louer leur logement en conformité avec les règles applicables, et ce dans le respect de la réglementation européenne", a réagi la plateforme dimanche. "Pour autant, nous maintenons que la réglementation mise en place à Paris, dont un Parisien sur cinq subit les conséquences, est inefficace, disproportionnée, et contraire à la réglementation européenne. Nous espérons pouvoir travailler avec tous les acteurs concernés à des solutions réellement adaptées aux villes françaises et à leurs habitants."

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