"J'accuse", le film de Roman Polanski sur l'Affaire Dreyfus, projeté en avant-première à l'École militaire

Le producteur Nicolas Seydoux après l\'avant-première du film \"J\'accuse\" de Roman Polanski à Paris, le 4 novembre 2019.
Le producteur Nicolas Seydoux après l'avant-première du film "J'accuse" de Roman Polanski à Paris, le 4 novembre 2019. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le film, en salles le 13 novembre, avait en grande partie été tourné à l'École militaire.

Le film J'accuse de Roman Polanski a été projeté en avant-première lundi 4 novembre à l'École militaire à Paris, en présence de nombreux hauts gradés dont le chef d'état major des armées, le général François Lecointre, a observé l'AFP.

L'École militaire, aux origines du scandale

En salles le 13 novembre, J'accuse revient sur l'affaire Dreyfus, scandale antisémiste majeur de la fin du XIXe siècle en France. L'armée a soutenu et contribué à la réalisation de ce long-métrage essentiellement tourné à l'École militaire, où le capitaine Alfred Dreyfus avait été solennellement dégradé le 5 juillet 1895 pour haute trahison.

Alfred Dreyfus a été finalement innocenté et réhabilité en 1906 après les investigations du lieutenant-colonel Picquart qui lui ont permis de découvrir de fausses preuves présentées par l'armée lors du premier procès. Le film est une adaptation du roman de Robert Harris consacré à l'affaire Dreyfus à partir du point de vue du lieutenant-colonel Picquart et de son enquête décisive.

"Projeter ce film ici à l'École militaire est très émouvant. L'armée nous a beaucoup aidés. Tous les militaires que j'ai rencontrés ont été très amicaux et enthousiastes pour la cause. J'espère que le public y sera sensible aussi", a confié à l'AFP le cinéaste, accompagné de son épouse Emmanuelle Seigner, de Jean Dujardin, de Louis Garrel et de Grégory Gadebois, qui incarnent les principaux rôles.

Participer au devoir de mémoire

En juillet dernier, la ministre des armées Florence Parly a estimé que "120 ans plus tard, il est encore temps que les Armées redonnent à Alfred Dreyfus tout l'honneur et toutes les années qu'on lui a ôtés". 

Pour la porte-parole de la ministre des armées, Yasmine-Eva Fares-Emery en mission lundi à l'étranger, "J'accuse retrouve par sa force le souffle du pamphlet de Zola". "Il est de la nature de nos armées d'affronter les problèmes en face. Les questions ouvertes par l'affaire Dreyfus sont intemporelles (...) Soutenir un tel film participe au devoir de mémoire et prolonge les initiatives depuis 1906 pour réhabiliter le capitaine Dreyfus", a ajouté Yasmine-Eva Fares-Emery.

Déjà en 2006, le président Jacques Chirac avait présidé une cérémonie en l'honneur du capitaine Dreyfus injustement accusé de collaboration avec l'ennemi.

J'accuse a été récompensé par le Grand Prix du jury, deuxième récompense la plus importante de la Mostra de Venise.

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