Grève des livreurs à vélo : "On veut bien sûr alerter Deliveroo, mais on lance aussi un appel au gouvernement, aux députés"

Le rassemblement des livreurs Deliveroo, place de la République à Paris, le 10 août 2019.
Le rassemblement des livreurs Deliveroo, place de la République à Paris, le 10 août 2019. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Les livreurs Deliveroo dénoncent la nouvelle grille tarifaire mise en place par la plateforme britannique de livraison de repas synonyme selon eux d'une baisse de 30 à 50 % de leur rémunération.

"On veut bien sûr alerter Deliveroo, mais on lance aussi un vrai appel au gouvernement aux députés", affirme Arthur Hay, secrétaire du syndicat CGT des coursiers à vélo de Gironde, alors que des livreurs Deliveroo se sont rassemblés ce samedi soir à Paris et dans plusieurs villes de province pour dénoncer la nouvelle grille tarifaire imposée par la plateforme de livraison de repas à domicile, qui entraîne selon eux une baisse de leur rémunération.

franceinfo : Votre objectif est de mailler tout le territoire pour alerter l'opinion ?

Arthur Hay : Le but, c'est de créer un rapport de force. On avait déjà fait des manifestations dans des villes chacun de notre côté. Ce soir, on veut bien sûr alerter Deliveroo. Mais c'est aussi un combat que l'on mène contre la politique du gouvernement, qui veut faire passer des lois qui vont dans le sens des sociétés comme Deliveroo ou Uber.

On essaie d'alerter tout le monde, en montrant qu'on fait grève dans un milieu où le droit de grève n'existe pas vraiment, on essaie d'avoir de la représentation syndicale dans un milieu où la représentation syndicale n'existe pas vraiment. Ce manque de protection amène à des abaissements tarifaires et on est obligé de faire grève chaque fois que cela arrive.

Quel est votre principale revendication ?

On veut revenir à la tarification qu'il y avait avant. On n'a pas été consulté avant cette baisse. Et puis on veut instaurer des organes officiels de négociation, des groupes de représentants reconnus par les plateformes pour pouvoir négocier nos conditions de travail : la tarification, qui pourrait passer à un minimum horaire garanti, et puis le management.

On est des indépendants, il faut respecter cette indépendance. On est capable de faire notre travail sans avoir tout le temps une application sur le dos.

Est-ce que l'Etat doit intervenir d'après-vous pour imposer des règles dans cette profession ?

Les plateformes ont largement montré que s'il n'y avait pas du droit contraignant, c'était très facile pour elles de baisser les tarifications et de faire ce qu'elles veulent de nous. Donc ce soir on lance un vrai appel au gouvernement, aux députés : il faut créer des lois qui encadrent ces entreprises car elles n'ont pas comme priorité le bien-être de leurs travailleurs.

Moi je suis coursier depuis 3 ans, ça baisse tout le temps. Et cette baisse arrive tout le temps l'été, quand il y a moins de coursiers. Quand Deliveroo dit que nous ne sommes que 400 en grève, il n'y a de toute façon qu'un tiers du contingent de livreurs. On en appelle au gouvernement car pour le moment, les plateformes ne veulent absolument pas négocier avec nous.

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