Frédéric Swierczynski, le spéléonaute français qui défie les abysses

Le spéléonaute marseillais Frédéric Swierczynski, mi plongeur, mi spéléologue.
Le spéléonaute marseillais Frédéric Swierczynski, mi plongeur, mi spéléologue. (FLORIAN LAUNETTE)

Le Marseillais s'apprête à tenter le record du monde de la plongée souterraine. En Croatie, début mai, il va descendre dans un gouffre à 300 mètres de profondeur, l'équivalent de la tour Eiffel. 

Il sera seul dans les abysses. Début mai, le Français Frédéric Swierczynski va tenter de battre le record du monde de plongée souterraine : 300 mètres de profondeur. Ce spéléonaute marseillais va plonger dans le lac Rouge, au sud de la Croatie. C'est l'un des lacs les plus profonds au monde, il ressemble à un immense cratère de volcan.

Le quadragénaire, au physique de rugbyman, a déjà battu un record l'été dernier lorsqu'il est descendu à 267 mètres de profondeur dans une grotte à multi-siphons en mer Méditerranée.

Un équipement à la pointe de la technologie

Ce nouveau défi, qu'il relèvera entre le 1er mai et le 8 mai prochain, est physiquement et techniquement beaucoup plus dangereux. "On se retrouve dans un milieu assez hostile. Ce sont de fortes profondeurs. L'eau est assez froide. On est aux alentours de 8°C. C'est pour cela que je fais ma décompression au sec dans une cloche", détaille Frédéric Swierczynski.

Le lac Rouge en Croatie est entouré de falaises de 300 mètres.
Le lac Rouge en Croatie est entouré de falaises de 300 mètres. (HRVOJE POLAN / AFP)

Sa tenue a été étudiée sur mesure. Il sera équipé d'un recycleur de plongée qui utilise autant des bouteilles que de la chaux afin de recycler l’air qu'il respire. "À partir de 100 mètres, la lumière du jour ne pénètre plus du tout l'eau donc je suis équipé avec de gros projecteurs à LED", indique le spéléonaute qui parle de "technologies de pointe".

L'équivalent de la tour Eiffel

Dans ce gouffre croate, Frédéric Swierczynski va tester ses limites. "Je vise 300 minutes pour 300 mètres, explique-t-il. 300 mètres d'eau, c'est l'équivalent de la tour Eiffel. C'est une pression énorme qui est subie par le corps. On est à 30 kg au cm2." S'il atteint ces 300 mètres de profondeur, ce sera un record "pour le lac Rouge et dans le monde entier", indique-t-il en précisant que "seul en Afrique du Sud, une fois, une réalisation a été faite aux alentours de 280 ou 290 mètres. Donc on est en train complètement de dépasser."

Des lacs aussi profonds n'ont jamais été explorés. C'est vraiment une première mondiale.Frédéric Swierczynski, spéléonauteà franceinfo

Frédéric Swierczynski est accompagné d’une équipe de scientifiques. Tout au fond du lac, il espère trouver "de vrais rapports sur la physiologie, ramener des sédiments du fond pour les biologistes et, peut-être, trouver des poissons sans yeux à cette profondeur", dit-il. Son équipe l'accompagnera jusqu'à 100 ou 150 mètres puis fera l'assistance à l'aller et au retour.

Après 150 mètres, il est tout seul. Il faut alors être "très attentif et essayer de ressentir au maximum les sensations physiologiques", pour éviter de se laisser emporter "par un délire quelconque, une narcose quelconque", c'est-à-dire l'ivresse des profondeurs. Le risque c'est de perdre connaissance. Or, Frédéric Swierczynski en est bien conscient : à ces profondeurs-là, personne ne peut lui venir en aide.

Le spéléonaute Frédéric Swierczynski portera un équipement à la pointe de la technologie.
Le spéléonaute Frédéric Swierczynski portera un équipement à la pointe de la technologie. (FRÉDÉRIC SWIERCZYNSKI / FACEBOOK)

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