Suspension de l'interdiction de manifester : "Cette décision démontre la vivacité de notre démocratie", réagit l'avocat de la Ligue des Droits de l'Homme

Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des droits de l\'homme, spécialiste des libertés publiques.
Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des droits de l'homme, spécialiste des libertés publiques. (BERTRAND GUAY / AFP)

Pour Patrice Spinosi, le rétablissement de la liberté de manifester  "est parfaitement saine", rappelant  que le principe d'une démocratie est de "laisser les citoyens s'exprimer".

"Cette décision démontre la vivacité de notre système démocratique", a salué, samedi 13 juin sur franceinfo, Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des Droits de l'Homme, après la décision du Conseil d'Etat de suspendre le décret gouvernemental interdisant les manifestations de plus de dix personnes. Le juge des référés examinait alors une demande commune de plusieurs associations et syndicats, dont la Ligue des Droits de l'Homme.

"Ce n'est pas parce que nous sommes dans le cadre d'un état d'urgence sanitaire, qu'il ne peut pas y avoir d'abus. Il n'y avait aucune raison aujourd'hui qu'on puisse aller au café, aller à la messe, mais qu'il soit interdit de manifester. C'est le rôle des juges dans une démocratie de venir rappeler aux politiques la force des libertés fondamentales", a déclaré l'avocat.

La fin d'un malaise gouvernemental

Pour Patrice Spinosi, la décision du Conseil d'Etat  "est parfaitement saine", rappelant  que le principe d'une démocratie est de "laisser les citoyens s'exprimer". L'avocat de la Ligue des Droits de l'Homme insiste aussi sur le rôle de contre-pouvoir éxercé par le juge qui "lorsque le gouvernement abuse de l'état d'urgence sanitaire et interdit toutes contestations sociales, vient rappeler au gouvernement que ce n'est pas possible."

Évidemment, le gouvernement a été trop loin, trop longtempsPatrice Spinosià franceinfo

"Quand on en arrive à avoir un ministre de l'Intérieur qui déclare publiquement que certes, les manifestations sont interdites, mais que des sanctions ne seront pas prononcées en cas de manifestations parce que l'émotion doit l'emporter sur le droit, on voit bien le malaise dans lequel est le gouvernement face à cette interdiction générale qu'il a lui même édictée, a conclu maître Spinosi.

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