Radio France : Mathieu Gallet dénonce "l’ingérence du pouvoir exécutif" dans sa révocation par le CSA

Mathieu Gallet au tribunal de Créteil (Val-de-Marne), le 16 novembre 2017.
Mathieu Gallet au tribunal de Créteil (Val-de-Marne), le 16 novembre 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a décidé fin janvier de démettre le patron de Radio France de ses fonctions.

Mathieu Gallet passe à l'offensive. Quelques mois après sa révocation du poste de PDG de Radio France par le CSA, l'ex-dirigeant dénonce "l'ingérence" du gouvernement dans cette décision. "Il est évident que l’ouverture de cette procédure par le CSA résulte directement de la pression publique exercée par le pouvoir exécutif", écrit-il dans un recours déposé contre sa révocation et révélé par BFM Business, lundi 9 avril.

Dans le viseur de Mathieu Gallet : les déclarations de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, et celle de la Justice, Nicole Belloubet. Cette dernière avait notamment déclaré sur RTL le 28 janvier 2018 : "Il y a des exigences éthiques. Mathieu Gallet devrait se poser la question [de sa démission] en conscience." "Ces propos émanant d’un membre du gouvernement visaient manifestement à exercer une pression directe sur le CSA", soutient l'ancien patron de Radio France.

Il ne retrouvera pas son poste

Mathieu Gallet ne s'en prend pas seulement à l'exécutif. Il tacle aussi directement au CSA. "La décision du CSA ne se fonde à aucun moment sur la circonstance que M. Gallet ne remplirait plus les critères de compétence et d’expérience qui avaient justifié sa nomination", explique-t-il dans son recours.

Même si la justice lui donnait raison, ce qui prendrait au minimum des mois, Mathieu Gallet ne pourrait pas retrouver son poste. Le CSA doit nommer en fin de semaine son successeur à la tête de Radio France, au terme des auditions des six candidats en lice, dont la grande favorite, Sibyle Veil, qui fait déjà partie des hauts dirigeants du groupe public.

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