Prisons : "1 100 emplois, c’est intéressant" mais "en deçà des demandes", estime la CGT-Pénitentiaire

Un drapeau de la CGT-pénitentiaire à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 15 janvier 2018.
Un drapeau de la CGT-pénitentiaire à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 15 janvier 2018. (DENIS CHARLET / AFP)

Pour mettre fin au mouvement des surveillants de prison, un projet d'accord entre les syndicats majoritaires et le gouvernement prévoit la création de 1 100 emplois de gardiens. "C'est la base qui décidera", réagit le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire.

"La création de ces emplois est un élément "intéressant", même si "cela reste en deçà des demandes que nous avons effectuées" a précisé sur franceinfo Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire samedi 20 janvier. Un projet d'accord issu de négociations a été remis, vendredi, aux syndicats pénitentiaires et à la ministre de la Justice Nicole Belloubet. Il prévoit notamment la création de 1 100 emplois de surveillants sur quatre ans. Mais sa signature va dépendre de la "consultation" et de la réaction de la base des syndicats. 

franceinfo : Quels sont les éléments positifs de ce "projet d'accord" ?

Christopher Dorangeville : 1 100 emplois, c’est intéressant, mais cela reste en deçà des demandes que nous avons effectuées. Nous sommes vraiment dans la consultation, c’est la base qui décidera si notre organisation continuera les mobilisations ou si derrière il faudra ratifier le document et donc commencer le travail qui découlera de cette signature.

Un régime de détention spécifique pour des détenus radicalisés est également prévu dans ce texte. Qu’est-ce-que cela signifie ?

C’est un encadrement spécifique donc derrière il y aura une déclinaison qui devra être établie, notamment l’étanchéité totale des personnes radicalisées qui ne leur permettront pas d’échanger avec les détenus que les entourent. C’est un isolement qui ne leur permet aucunement de pouvoir communiquer avec le reste de la détention.

Y a-t-il des mesures particulières concernant les équipements des agents pénitentiaires, comme l'utilisation de tasers ?

Il n’y a aucunement dans cet accord d’équipements de type tasers. Il y aura une réflexion sur des équipements spécifiques pour gérer les personnes détenues radicalisées. Ce serait surtout le développement du matériel existant, donc un renforcement des tenues, les menottes, etc.

FO pénitentiaire accuse notamment votre syndicat de "trahison" en parlant d’accord vide, et vous ?

Notre organisation suivra de toute façon les remontées de notre terrain pour voir si on peut reprendre la mobilisation ou si on ratifie l’accord. Nous suivrons les résultats de la consultation. Il manque encore pas mal de choses. Notamment, il faut rendre attractif le métier. Il faut des discussions pour que ce protocole satisfasse le plus de personnes possibles, ça veut dire de meilleurs salaires, plus de reconnaissance, ce sont les problématiques qui font que les personnes n’ont pas forcément envie de travailler dans l’administration pénitentiaire aujourd’hui.