Prison : "On ne se sent pas en sécurité puisque ce sont des détenus complètement imprévisibles" (FO Pénitentiaire)

FO Pénitentiaire, le 19 octobre 2015.
FO Pénitentiaire, le 19 octobre 2015. (CITIZENSIDE/CHRISTOPHE ESTASSY / CITIZENSIDE.COM)

Le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, a annoncé dimanche dans le Journal du Dimanche vouloir durcir les conditions de détention de certains prisonniers radicalisés. Mais pour Jérôme Nobécourt, délégué FO Pénitentiaire, les structures ne sont pas adéquates. 

Jérôme Nobécourt, délégué FO pénitentiaire et surveillant à la prison d'Osny dans le Val d'Oise était l'invité de franceinfo ce dimanche. Il réagissait à l'annonce de Jean-Jacques Urvoas. Une semaine après l'agression de deux surveillants de prison à Osny, le garde des Sceaux a annoncé vouloir durcir les conditions de détention des prisonniers radicalisés. Il propose dès la semaine prochaine de multiplier les fouilles, les changements de cellule et de limiter les objets personnels des détenus.

"Cela va être compliqué parce que ce sont des structures différentes. À la maison d'arrêt d'Osny, où là, il y a une aile réservée au quartier dédié. À Fresnes, dans le Val-de-Marne, ce sont des demi-ailes qui sont séparées avec des détenus travailleurs ou des détenus qui sont au quartier arrivant. À Annœullin, dans le nord, c'est une partie de la maison centrale. Donc il y a déjà là trois types différents. Il faudrait déjà faire une restructuration des détenus que l'on met dans ces ailes-là. Il faudrait vraiment les isoler dans un premier temps et n'y mettre que des radicaux et non pas les mélanger avec le reste de la population pénale", a expliqué Jérôme Nobécourt.

franceinfo : Est-ce que cette séparation des détenus est possible ?

Jérôme Nobécourt : Dans des maisons d'arrêt comme en région parisienne, c'est très compliqué parce qu'on a affaire à une surpopulation pénale énorme. De ce fait, la communication passe encore entre les détenus radicaux et le reste de la population pénale.

Jean-Jacques Urvoas évoque la limitation du cantinage (le fait de pouvoir acheter des objets en prison pour améliorer le quotidien, NDLR). Est-ce que limiter ce genre d'achat a une influence sur les détenus radicalisés ?

Cela a surtout une influence sur les conditions de sécurité des agents et des détenus entre eux. Les cellules sont surencombrées et il est très compliqué d'y effectuer des fouilles minutieuses.

Vous sentez-vous en sécurité dans votre travail ?

Non. Surtout après l'attentat qu'ont subi deux de mes collègues. On ne se sent pas en sécurité puisque ce sont des détenus complètement imprévisibles et le seul moyen de contrecarrer leur projet morbide, c'est de les séparer et d'employer un maximum de sécurité au quotidien. Au niveau des gestes techniques, au niveau des moyens et des effectifs, il faut absolument tout revoir.

"Il faudrait vraiment les isoler dans un premier temps et n'y mettre que des radicaux" (Jérôme Nobécourt, délégué FO Pénitentiaire)
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