VRAI OU FAKE Mort de George Floyd : un agent afro-américain du FBI a-t-il été arrêté par erreur par des policiers blancs ?

Un homme est brièvement arrêté par deux officiers de police à Rochester, dans le Minnesota (Etats-Unis), en 2019.
Un homme est brièvement arrêté par deux officiers de police à Rochester, dans le Minnesota (Etats-Unis), en 2019. (NIKEE LADO / YOUTUBE)

Parmi les publications virales diffusées depuis le début des manifestations aux Etats-Unis, une vidéo montre un homme noir, décrit comme étant un agent du FBI, se faire brièvement arrêter par deux policiers blancs. Une vidéo en réalité vieille d'un an et où il n'est pas question du FBI.

Alors que la mort de George Floyd, un Américain noir de 46 ans, lors d'un contrôle de police à Minneapolis (Minnesota) continue de susciter la colère aux Etats-Unis et que l'armée est déployée à Washington, des publications virales circulent sur les réseaux sociaux. C'est le cas d'une séquence publiée lundi 1er juin et retweetée plusieurs centaines de milliers de fois, tous tweets confondus.

Sur ces images, un homme afro-américain est arrêté par deux policiers blancs avant que ceux-ci ne découvrent ses papiers d'identité et le relâchent subitement. Selon la légende, l'homme menotté ne serait autre qu'un agent du FBI, le célèbre Bureau fédéral d'enquête américain. Un collègue, en quelque sorte, des policiers, tournés en dérision dans cette publication. Info ou infox? L'équipe de #VraiOuFake a mené l'enquête. 

Cette scène a été filmée il y a un an…

Une rapide recherche permet de repérer que la vidéo originale a été publiée sur Instagram par l'utilisateur @thisisnike1mais est inaccessible depuis. Elle est cependant disponible sur YouTube dans sa version longue de 5 minutes, mise en ligne le 1er juin par un utilisateur du nom de Nikee Lado.

On y constate qu'avant d'être menotté, l'homme au tee-shirt rouge est suspecté par les policiers de ressembler à un individu recherché. L'homme nie à de multiples reprises, accusant les policiers de profilage racial, c'est-à-dire de l'avoir arrêté en raison de sa couleur de peau. Les agents finissent par le menotter et l'emmènent sur quelques mètres, avant de mettre la main sur ses papiers d'identité et de le relâcher. Après avoir hélé leur supérieur, l'homme arrêté obtient la carte des policiers et les menace de porter plainte.

Mais, comme le précise la légende, la scène a été filmée… en 2019, à Rochester (Minnesota). "Quelque chose m'a dit de conserver cette vidéo depuis maintenant un an, explique l'utilisateur. Certains jours, on réussit à rentrer à la maison, certains autres, on descend six pieds sous terre." Il interpelle ensuite le spectateur : "Vous imaginez être tué chez vous, en plein jogging, en jouant, en vous occupant de vos affaires ou simplement en respirant ? #EtreNoirDansUneAmériqueBlanche!! On ne peut même pas fumer une putain de cigarette en paix."

… et l'homme n'est pas un agent du FBI

Bien que filmée il y a un an, la scène n'a pas manqué de faire réagir les internautes en raison des soupçons de profilage racial de la part des policiers de Rochester. Mais ce qui a suscité l'intérêt des internautes, c'est aussi la soi-disant appartenance au FBI de l'homme interpellé (notamment ici, ici ou encore ici).

Une erreur, selon l'utilisateur qui dit être la source de la vidéo sur Instagram (en anglais). La police de Rochester a elle aussi démenti l'appartenance de l'homme au FBI, dans un communiqué publié le 1er juin. "Contrairement aux rumeurs sur les réseaux sociaux, l'individu n'est pas un agent du Bureau fédéral d'enquête (FBI)." La police en a profité pour répondre à l'accusation de profilage racial et a donné sa version de cette interpellation du 1er juin 2019. 

Les officiers de police ont cru reconnaître une personne sous mandat d'arrêt pour agression.La police de Rochester, MinnesotaDans un communiqué du 1er juin 2020

"L'individu avait approximativement la même taille, le même poids et le même âge", poursuit le communiqué, balayant l'accusation de profilage racial. "L'individu n'a pas coopéré en déclinant son identité aux policiers, [qui] ont estimé qu'ils avaient des soupçons raisonnables pour détenir l'individu et déterminer son identité." 

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