Loire : le maire de Lorette retire son arrêté anti-burkini

Le panneau d\'entrée du plan d\'eau communal de Lorette, dans la Loire, interdisant le port du voile.
Le panneau d'entrée du plan d'eau communal de Lorette, dans la Loire, interdisant le port du voile. (Radio France - Yves Renaud)

L'arrêté anti-burkini, interdisant notamment le port du voile sur le plan d'eau des Blondières cet été, va être levé, a annoncé l'avocat du maire de Lorette. Les associations, qui ont porté plainte pour discrimination, maintiennent toutefois leurs poursuites.

L'avocat du maire de Lorette (Loire) a annoncé que l'arrêté anti-burkini, interdisant notamment le port du voile sur le plan d'eau des Blondières cet été, va être retiré, rapporte France Bleu Saint-Etienne Loire dimanche 2 juillet. Les associations, qui avaient porté plainte pour discrimination, maintiennent cependant les poursuites judiciaires contre le maire.

"Dans l'eau, seul le maillot de bain autorisé"

Gérard Tardy, le maire divers droite de Lorette, avait interdit, par un arrêté du 8 juin 2017, sur le nouveau plan d'eau communal, le port du voile et du burkini. Ces interdictions ont été inscrites dans le règlement du nouveau parc de loisirs des Blondières qui a été inauguré le 23 juin. Le site de 4 000 m2 comprend deux bassins de baignade et dont l'accès est payant et réglementé. A l'entrée du plan d'eau, on peut voir également un panneau avec un pictogramme représentant une femme voilée barrée d'un trait rouge.

Dans l'article 4 de ce règlement intérieur, il était précisé que "les usagers doivent avoir une tenue décente et une attitude correcte. Dans l’eau, seul le maillot de bain est autorisé : slip ou boxer pour les hommes, une pièce ou deux pièces pour les femmes. Sur la plage sont interdits monokini, burkini, voile dissimulant partiellement ou totalement le visage, combinaison".

Les associations réclament une sanction

Le préfet de la Loire avait écrit "un courrier d'observation" au maire de Lorette, vendredi, concernant "le règlement intérieur de la baignade naturelle municipale" dans la commune. Une plainte avait été déposée, jeudi après-midi, par le vice-président de la Maison des potes-maison de l'égalité, pour "discrimination à l'encontre de personnes en raison de leur religion musulmane".

En fonction de la réponse du maire de Lorette, demandée pour le milieu de la semaine prochaine, le préfet devait décider de saisir, ou non, la "juridiction administrative", à savoir le tribunal administratif de Lyon. Certaines associations ont déjà porté un référé devant le tribunal administratif de Lyon. Celui-ci était censé statuer ce lundi à 14h.

Les associations demandent toujours que Gérard Tardy soit condamné par un tribunal correctionnel. "Le délit de discrimination a bien été commis et pour cela le maire devra être sanctionné", a notamment expliqué la Maison des Potes.