En Espagne, une application informatique permet de lutter contre les violences conjugales

Manifestation à Madrid le 16 mai 2018 pour réclamer davantage de moyens financiers pour lutter contre les violences conjugales. 
Manifestation à Madrid le 16 mai 2018 pour réclamer davantage de moyens financiers pour lutter contre les violences conjugales.  (JAVIER SORIANO / AFP)

Baptisé VioGén, cet outil informatique unique a permis de faire baisser de 63% le taux de récidive. 

Le Grenelle des violences conjugales s'ouvre ce mardi 3 septembre à Matignon. Pendant trois mois, plusieurs groupes de travail vont réfléchir aux mesures à mettre en oeuvre pour lutter contre les violences conjugales, alors que 101 féminicides auraient eu lieu en France depuis le début de l'année, selon le décompte du collectif Féminicides par compagnons ou ex.

Parmi les mesures préconisées par les associationsla formation des professionnels pour le recueil des plaintes, ou encore la mise en place de dispositifs anti-rapprochement. Depuis quinze ans, l'Espagne est devenu un référent dans la lutte contre les violences conjugales et a mis en place un véritable arsenal pour aider les victimes. Tout passe par une application informatique unique baptisée VioGén et rattachée au ministère de l'Intérieur.

Un système d'évaluation avec cinq niveaux de risques

Ce système pionnier a un fonctionnement simple explique Marina Rodríguez, à la tête du département des violences de genre : "Dès que tu portes plainte, tu rentres dans le système VioGen. On évalue alors le risque que cette femme soit à nouveau victime de cet agresseur. En fonction de cette évaluation qui détermine 5 niveaux : pas de risque observé, faible, moyen, élevé ou extrême, on va appliquer différentes mesures de protection policière," explique Marina Rodríguez. "Le nombre de cas dits “actifs” (ou en cours) et qui bénéficient de protection s’élève à environ 60 000 par an."

Un "grand cerveau" qui rassemble les informations

La clé de voûte de VioGen est donc l’évaluation policière du risque. Un système qui n’a cessé de se perfectionner, selon Juan José López, responsable du département Etudes : “Le système VioGen permet non seulement de rechercher ou d'extraire des données statistiques ou épidémiologiques mais, en plus, il inclut les différentes institutions qui ont des responsabilités en matière de violence de genre. C’est un grand cerveau qui permet d’intégrer toutes ces informations et surtout d’apporter des résultats concrets”.

Outil informatique unique, VioGen centralise toute l’information relative aux cas de violence sexiste. Elle peut être consultée et complétée par tous les acteurs qui luttent contre ce fléau : policiers, juges, services sociaux ou encore, procureurs. Une action conjointe qui porte ses fruits : le taux de récidive a baissé de 63%.

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