Procès Daval : "C'est une très bonne décision", salue la mère d'Alexia après le verdict

Les parents d\'Alexia Daval, Isabelle Fouillot et Jean-Pierre Fouillot, devant le tribunal de Vesoul (Haute-Saône), le 20 novembre 2020. 
Les parents d'Alexia Daval, Isabelle Fouillot et Jean-Pierre Fouillot, devant le tribunal de Vesoul (Haute-Saône), le 20 novembre 2020.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Jonathann Daval a été condamné samedi par la cour d'assises de la Haute-Saône à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme Alexia. 

Le verdict est tombé : Jonathann Daval est condamné à 25 ans de réclusion criminelle, samedi 21 novembre, pour le meurtre de sa femme Alexia. L'audience a aussitôt été levée, a annoncé le président. Au terme de six jours d'audience – un de plus que les cinq prévus, tant les débats ont été nourris –, la cour a délibéré en moins de trois heures. "Nous acceptons la décision de la cour d'assises ce soir", a déclaré Ornella Spatafora, une des avocates de l'informaticien de 36 ans. "Nous ne ferons pas appel de cette décision", a-t-elle ajouté.

Lors de sa plaidoirie, elle avait assuré que "Jonathann Daval n'[était] pas un homme pas plus prédisposé que vous (les jurés) et moi à basculer dans le crime, car on ne naît pas criminel, on le devient"Randall Schwerdorffer, un autre de ses avocats, a assuré que "ce meurtre n'était pas prémédité, pas réfléchi, c'est ce qu'on appelle 'un coup de sang'", plaidant une violente dispute entre les deux époux. 

"C'est exactement ce que j'espérais". "C'est une très bonne décision, c'est exactement ce que j'espérais, ce que j'escomptais. C'est à la hauteur de notre souffrance et ça va nous permettre de tourner la page", a déclaré la mère d'Alexia, Isabelle Fouillot, après le verdict, à la sortie du tribunal. "La justice a bien fait son travail, a compris notre douleur et a compris le massacre d'Alexia en même temps", a commenté le père de la victime, Jean-Pierre Fouillot.

Jonathan Daval a demandé "pardon" avant le début des délibérés. L'accusé a pu s'exprimer une dernière fois, samedi en fin de matinée, avant les délibérations du jury. "Pardon, pardon", a-t-il simplement lancé devant la cour d'assises de la Haute-Saône, en regardant vers sa famille et celle d'Alexia sur les bancs des parties civiles. 

Réquisitoire sévère. L'avocat général Emmanuel Dupic a demandé la réclusion criminelle à perpétuité contre Jonathann Daval lors d'un réquisitoire sévère contre ce qu'il considère comme l'incarnation d'un féminicide. "Jonathann Daval est un manipulateur, dans la toute-puissance, qui a tué sa femme parce qu'elle voulait le quitter", a-t-il indiqué, pointant un "crime conjugal (...) presque parfait". 

Des pistes non retenues. Les parties civiles ont également insisté toute la semaine sur des pistes pourtant non retenues à l'issue de l'instruction et que les experts ont été incapables de confirmer au procès : la "profanation" sexuelle post-mortem du corps d'Alexia par Jonathann, qui lui aurait de surcroît administré à son insu des médicaments à plusieurs reprises. 

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