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Avocats surveillés : avec le PNF, "on a concentré beaucoup de pouvoirs dans un parquet autonome", affirme le syndicat Unité-Magistrat SNM FO

Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité magistrat FO et ancienne juge antiterroriste. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Crée en 2014 après l’affaire Cahuzac, le parquet national financier a été "créé beaucoup trop rapidement, sans vision réelle ni ambition de lutte contre la corruption", juge Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat.

Avec le parquet national financier, "on a concentré beaucoup de pouvoirs dans un parquet autonome", analyse, vendredi 26 juin sur franceinfo, Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat Unité-Magistrat SNM FO. Le PNF est sur la sellette, depuis les révélations du Point jeudi 25 juin, qui affirme que dans l’enquête sur l’affaire des écoutes visant Nicolas Sarkozy, le PNF a surveillé plusieurs avocats, en analysant leurs fadettes, à la recherche d’une taupe qui aurait prévenu Nicolas Sarkozy de sa mise sur écoute. La ministre de la justice, Nicole Belloubet a demandé à la procureure générale de Paris un rapport sur ces investigations controversées.

Crée en 2014 après l’affaire Cahuzac, le parquet national financier a été "créé beaucoup trop rapidement, sans vision réelle ni ambition de lutte contre la corruption", juge Béatrice Brugère.

Le PNF était une réponse beaucoup plus politique et émotionnelle que juridique. Béatrice Brugère, Unité-Magistrat SNM FOà franceinfo

"D’entrée de jeu, on a créé un parquet autonome, sans continuité puisque l’on n’a pas créé en parallèle des juges d’instruction spécialisés, insiste l'ancienne juge anti-terroriste. Il n’y a pas eu la chaîne totale de lutte contre la corruption". 

Ne pas démanteller le PNF mais le "décrypter"

Béatrice Brugère rappelle que son syndicat (Unité-Magistrat SNM FO) s’était prononcé "avec beaucoup de réticences sur la création du PNF". "Maintenant qu’il est créé, poursuit-elle, je ne suis pas sûr que la bonne solution soit de le démanteler. Mais on avait déjà pointé les risques, et peut être que ce rapport montrera que les risques était réels".

Sur le fond du dossier, Béatrice Brugère dit comprendre "l’émoi important" qu’il suscite, et affirme que le téléphone d’un un juge d’instruction "qui travaille avec le PNF" a aussi été surveillé. Enfin, dans une affaire, où, selon elle, "beaucoup de questions restent en suspens", elle juge que "ce rapport est une excellente chose pour décrypter sans émotion, ni précipitation ce qu’il est en train de se passer".