Banquiers indépendants : "Sur le papier, l'idée a l'air novatrice" mais "au moins trois sujets" inquiètent les auto-entrepreneurs

Grégoire Leclercq, le président de la fédération nationale des auto-entrepreneurs, le 5 juin 2013 à Paris.
Grégoire Leclercq, le président de la fédération nationale des auto-entrepreneurs, le 5 juin 2013 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)

Le groupe Banque Populaire et Caisse d'Epargne va tester en mai des banquiers à leur propre compte dans des zones rurales.

La Caisse d'Epargne a annoncé mardi 18 février vouloir tester avant l'été l'emploi de conseillers indépendants en contrat avec la banque. Ils remplaceraient les conseillers bancaires salariés dans certains cas. L'objectif est de maintenir une présence de la banque dans les zones rurales.

Une idée "novatrice" mais... 

"Sur le papier, l'idée à l'air novatrice", approuve Grégoire Leclercq, le président de la fédération nationale des auto-entrepreneurs mercredi sur franceinfo. Mais il reste inquiet pour au moins trois sujets : la "notion de risque", le contrôle du travail par l'entreprise et "l'uberisation de la banque". L'autorité chargée de surveiller les établissements bancaires n'a pas encore donné son avis.

 Absence de contrôle

Pour Grégoire Leclercq, le premier sujet d'inquiétude est l'absence de contrôle de la banque sur le travail du travailleur indépendant. "Le fondement d'un travailleur indépendant, c'est qu'il est libre de ses actions. Il respecte un cahier des charges mais doit avoir une liberté d'horaires, une liberté matérielle", explique-t-il. Il précise qu'"il n'a pas à collaborer dans une forme de subordination d'un donneur d'ordre, par exemple la banque".

Risque

Le second sujet d'inquiétude pour Grégoire Leclercq c'est la "notion de risque". Un travailleur indépendant prend son propre risque quand il donne un conseil. Le risque bancaire est trop important pour être porté par un travailleur indépendant.

Uberisation 

Grégoire Leclercq s'inquiète également de "l'uberisation de la banque". "Un travailleur indépendant qui remplace pour une partie des missions, le travail de salarié, ça se fait de plus en plus", relate-t-il. "

Est-ce que l'uberisation de la banque est en marche avec ce sujet-là ? Clairement ! Grégoire Leclercq, président de la fédération nationale des auto-entrepreneursà franceinfo

"Ce qui nous appelle à encore plus de prudence", conclut Grégoire Leclercq.

Ces conseillers indépendants en contrat avec la banque auront un statut d'indépendant ou de micro-entrepreneur. Depuis le 1er janvier 2016, les régimes de l’auto-entrepreneur et de la micro-entreprise ont fusionné pour devenir un seul et unique statut. Désormais, même si l’appellation “auto-entrepreneur” est encore couramment utilisée, le seul statut qui existe légalement est le statut de micro-entrepreneur (ou micro-entreprise).

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