Victimes de leur succès, plusieurs musées parisiens optent pour les réservations obligatoires

Le musée du Louvre reçoit énormément de visiteurs cet été et a même du refouler certains touristes. 
Le musée du Louvre reçoit énormément de visiteurs cet été et a même du refouler certains touristes.  (PHILIPPE LABROSSE / MAXPPP)

Le Louvre, notamment, accélère la mise en place des réservations obligatoires après avoir été obligé de refouler des touristes cet été. 

Les grands musées parisiens et leurs grandes expositions sont débordés. En juillet, le musée du Louvre a dû refouler des visiteurs, trop nombreux.  Pour éviter des files d'attente gigantesques, l'établissement a généralisé son système de réservation de créneau de visite sur internet. 

"On a trouvé une place mais pour demain" 

Visiter un musée ou une grande exposition en s'y prenant au dernier moment sur un coup de tête sera de moins en moins possible. "Ils nous ont dit qu'il fallait réserver en avance, raconte une touriste qui doit rebrousser chemin devant le Louvre. J'avais demandé à la réception de l'hôtel mais ils ne nous l'avaient pas dit, peut-être qu'ils ne savaient pas. Pour une fois que les enfants s'intéressaient à un musée", rigole-t-elle. Un autre visiteur lui a pu obtenir un billet : "On a trouvé une place mais pour demain ! Je trouve ça un peu dommage, d'habitude on va au guichet puis on rentre", se désole-t-il. 

Ces derniers mois, le Louvre a donc connu quelques déconvenues. Il y a eu le déménagement de la Joconde, puis la canicule, qui a incité de nombreux touristes à rester plus longtemps dans des lieux rafraichis. Le musée a même dû refuser du monde. Le Louvre, qui reçoit 10 millions de visiteurs chaque année, dont 75 % environ vont voir la Joconde, a accéléré la mise en place de réservation obligatoire, explique Vincent Pomarède, l'administrateur général adjoint du musée. 

Je pense qu'il ne faut pas regretter ce dispositif de réservation obligatoire parce que les gens sont assurés de rentrer dans la demi-heureVincent Pomarèdeadministrateur général adjoint du Louvre

 "Notre objectif n'est pas de faire entrer plus de gens mais de donner de meilleures conditions de visite. Ça de fait, on constate que ça marche", conclut l'administrateur du musée. 

Réserver son créneau de visite 

Tous les grands musées publics ou privés cherchent à améliorer leur capacité d'accueil et en même temps à fluidifier le flux de leurs visiteurs. Joachim Monégier est le directeur des publics de la Fondation Vuitton à Paris. Le lieu reçoit en moyenne plus d'un million de visiteurs chaque année. "Dès le départ, on a privilégié et mis en avant la vente des billets sur internet sans surcoût", explique-t-il.

L'enjeu qui était le nôtre, c'était de garantir la promesse. C’est-à-dire que quand vous achetez un billet en ligne, on vous promet que vous entrez sur le créneau que vous avez choisiJoachim Monégierà franceinfo

Un choix très important pour la Fondation Vuitton, "car à la différence du Louvre, on n'est pas au cœur de Paris. Se retrouver le bec dans l'eau parce qu'on aurait pas réservé son billet, c'est quelque chose qu'on évite à tout prix", poursuit le directeur des publics. Pour les grandes expositions 80% des visiteurs de la Fondation réservent ainsi sur internet. 

Réserver son créneau de visite, c'est l'avenir. Le Louvre s'y met aussi pour son exposition phare sur Léonard de Vinci qui aura lieu fin octobre. Les réservations sont déjà ouvertes et aucun achat de billets sur place ne sera possible. Le Centre Pompidou instaure aussi des réservations obligatoires pour l'exposition Francis Bacon à partir de septembre. Par ailleurs de nombreuses applications mobiles se développent pour informer sur les créneaux de visites les plus confortables.

Le reportage de Gilbert Chevalier
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