Une poétesse arabe israélienne condamnée à cinq mois de prison pour "incitation à la violence"

La poétesse arabe israélienne Darine Tatour dans sa maison à Reineh en Israël, le 26 septembre 2017. 
La poétesse arabe israélienne Darine Tatour dans sa maison à Reineh en Israël, le 26 septembre 2017.  (AMMAR AWAD / REUTERS)

Darine Tatour a été reconnue coupable d'incitation à la violence pour son poème "Résiste, mon peuple, résiste-leur". 

Pour des poèmes publiés sur les réseaux sociaux, une Arabe israélienne a été  reconnue coupable d'incitation à la violence et de soutien à une organisation "terroriste". Un tribunal israélien l'a condamnée, mardi 31 juillet, à cinq mois de prison.

Darine Tatour a publié en octobre 2015, alors qu'Israël, Jérusalem et les territoires palestiniens étaient en proie à des violences, une vidéo dans laquelle on l'entend lire son poème Résiste, mon peuple, résiste-leur, illustré avec des images d'affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes.

Reconnue coupable de soutien au Jihad islamique

Le tribunal du district de Nazareth l'a aussi reconnue coupable de soutien au groupe Jihad islamique, deuxième force islamiste à Gaza derrière le Hamas. Selon les attendus du procès, Darine Tatour a cité un communiqué du Jihad islamique appelant à "la poursuite de l'Intifada dans chaque recoin de la Cisjordanie", territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de cinquante ans, et a apporté son soutien à ce mouvement.

"Je ne me contenterai pas d'une solution pacifique, je ne baisserai pas mes drapeaux, jusqu'à ce que je les expulse de ma terre (…) Résiste aux vols du colon et suis la caravane des martyrs", proclame-t-elle dans sa vidéo.

"Défier pacifiquement l'injustice"

Le groupe d'écrivains internationaux Pen a pris la défense de la poétesse. "Darine Tatour a été reconnue coupable pour avoir fait ce que font les écrivains tous les jours – nous utilisons nos mots pour défier pacifiquement l'injustice", avait déclaré le groupe dans un communiqué en mai dernier.

Darine Tatour doit commencer à purger sa peine le 8 août, mais son avocate, la défenseure des droits civiques Gaby Lasky, a annoncé son intention de faire appel.

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