L'art africain contemporain s'expose à Paris : "Nous sommes tous des artistes en Afrique"

Parmi les oeuvres exposées, celles de l\'artiste beninois Romuald Hazoumé et ses masques traditionnels revisités avec des matériaux de récupération.
Parmi les oeuvres exposées, celles de l'artiste beninois Romuald Hazoumé et ses masques traditionnels revisités avec des matériaux de récupération. (BARBARA SAX / AFP)

L'art contemporain africain est à l'honneur à Paris. Après plusieurs événements dans la capitale, la Fondation Vuitton propose un focus sur la bouillonnante scène sud-africaine et un "best of" de la collection Jean Pigozzi, la plus importante au monde.

L'art contemporain africain est à l'honneur à Paris. Après plusieurs événements dans la capitale, dont le salon Art Fair au Grand Palais, la Fondation Vuitton propose jusqu'au 28 août, un focus sur la bouillonnante scène sud-africaine et un "best of" de la collection Jean Pigozzi. Avec 12 000 pièces au total, récoltées en 20 ans par André Magnin, grand spécialiste de l'art africain contemporain, c'est la plus importante au monde. "Ce qui relie tout cela c'est une grande liberté, c'est ne pas avoir de comptes à rendre à quelque histoire. A eux seuls, ils écrivent une autre histoire ou en tout cas enrichissent une histoire occidentale de l'art qui devient peut-être, avec l'art chinois, l'art indien, l'art des autres continents, une histoire de l'art mondiale", explique André Magnin. 

Selon lui, avec la multiplication de ces expositions, l'intérêt et le regard du monde sur l'art contemporain africain ont changé. "S'il s'est dit des propos pas forcément toujours très intelligents et pertinents à l'égard des artistes africains, par ignorance et par méconnaissance, le travail et la collection de Jean Pigozzi et mes recherches auront contribué a donné une vraie visibilité à une quinzaine d'entre eux, ce qui est déjà considérable sachant qu'il y a dix ou 20 ans, on ne connaissait les noms d'aucun", souligne-t-il.

Une fenêtre sur la culture de tout un peuple 

La fondation Vuitton présente en effet les œuvres d'une quinzaine d'artistes de cette collection, sans intention exhaustive ou représentative. Parmi les artistes choisis, le Béninois Romuald Hazoumé et ses masques traditionnels revisités avec des matériaux de récupération, un savoir-faire très courant en Afrique. "Ne pensez pas que je vais me désolidariser de ces gens en disant que c'est moi l'artiste. Nous sommes tous des artistes en Afrique. Cette modernité ne vient pas seulement de moi. Ça vient de mon peuple qui essaie de se battre tous les jours", explique l'artiste.

En complément de ce choix d'une quinzaine d'artistes de la collection Piggozzi, la Fondation Vuitton propose également une exposition collective consacrée à l'Afrique du Sud, perçue aujourd'hui comme l'une des scènes les plus dynamiques pour l'art contemporain du continent africain.

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