Jon Swain (grand reporter) : "La guerre procurait une forme de liberté"

Il est l'un des plus grands noms du reportage de guerre. Jon Swain est l'invité du Soir 3. Parti couvrir la guerre du Vietnam en 1970 à 22 ans pour l'Agence France Presse, il a écrit ses mémoires en 1995, "River of time". Un ouvrage traduit en français seulement maintenant.

Près de 30 ans après l'écriture de ses mémoires, Jon Swain est enfin traduit en Français. Le reporter de guerre qui a couvert la guerre du Vietnam à seulement 22 ans s'en étonne encore. "La maison d'édition en Angleterre n'avait pas l'idée de vendre ailleurs, et c'est bien dommage, car c'est un livre sur l'Indochine, le Vietnam et le Cambodge qui étaient les anciennes colonies françaises. Comme j'aime beaucoup la France, j'étais attaché ce que ce soit publié en France", rapporte le journaliste.

À l'époque, le livre a rapidement été un grand succès en libraire, et continue d'ailleurs toujours de très bien se vendre. En 1970, Jon Swain travaillait à Paris et n'avait qu'une envie : partir. "Je suis parti comme ça. J'étais tellement excité que 24h après mon départ de Paris, j'ai perdu mon billet et j'avais peur de le dire à l'Agence France Presse, mais ils m'en ont donné un autre", révèle-t-il souriant.

"Une libération avec la guerre"

Un voyage qui a aussi été un choc émotionnel avec le fleuve Mékong. "Même maintenant, si je vois le Mékong, c'est comme si je rencontrais un frère", dit Jon Swain. Dans ce récit original, c'est tout le quotidien de correspondant de guerre qui est conté. "J'ai noué des liens d'amitié avec des Cambodgiens, j'ai visité des villages, des paysans. Mais aussi j'ai couvert la guerre quelques semaines après mon arrivée pendant une période très sombre. En deux mois, une vingtaine de journalistes avait été tuée par les Khmers rouges", se rappelle-t-il.

La guerre lui procurait aussi une forme de liberté, une soif d'aventure. "Pour moi, étant très jeune, je trouvais une libération avec la guerre. On n'était pas contraint par les choses que je publiais, on avait une certaine liberté un peu folle. On prenait des risques le jour et on s'amusait le soir", se remémore-t-il.

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