VIDEO. "On voit la haine monter" : deux agents de protection de journalistes témoignent face aux violences des "gilets jaunes"

Face à la multiplication des agressions de reporters depuis le début du mouvement, des agents de protection accompagnent quasi systématiquement les journalistes sur le terrain. Deux d'entre eux expliquent leur travail à franceinfo.

Ils ne les lâchent pas d'une semelle. Depuis deux mois, des agents de protection rapprochée accompagnent quasi systématiquement les journalistes qui couvrent la mobilisation des "gilets jaunes" sur le terrain. Persona non grata, plusieurs reporters se sont fait agresser depuis le début du mouvement, notamment lorsqu'ils portent une caméra et qu'ils travaillent pour une chaîne d'information en continu, telle que BFMTV. Leurs "bodyguards", parfois pris pour des policiers en civil, sont eux aussi ciblés, comme cet agent roué de coups lors de la manifestation du samedi 12 janvier à Rouen.

Pour comprendre leur façon de travailler, franceinfo a donné la parole à deux agents, dont l'identité a été préservée afin que leur sécurité et celle des journalistes qu'ils protègent ne soient pas compromise. L'un d'entre eux a fourni des images tournées avec une caméra GoPro place de l'Etoile à Paris samedi 12 janvier. Elles donnent un aperçu du suivi rapproché d'une équipe de journalistes opéré par ces agents de protection.

"Le signal qu'il faut s'extraire"

"On va tenir le caméraman par la capuche ou par le sac à dos, on va le tenir tout le temps, on va lui expliquer que lorsqu'on va commencer à tirer un peu plus fort, ça va être le signal qu'il faut s'extraire", explique Jacques*, 59 ans, ancien officier de l'armée israélienne.      

"On est aussi là pour créer un climat de confiance et qu'il n'y ait pas de tensions ou la faire baisser", complète Eric*, 28 ans, près de dix ans d'expérience dans la protection. L'observation, l'anticipation et la dissuasion sont les maîtres-mots de leur travail.

Pas toujours simple ces derniers temps : "On voit la haine monter, les agressions verbales deviennent des agressions physiques", observe Jacques*. Et d'ajouter : "Il serait plus facile pour nous que les 'gilets jaunes' comprennent qu'ils ont besoin des équipes de télévision et des journalistes pour leurs revendications."  

*Pour des raisons de sécurité, les prénoms ont été modifiés

Vous êtes à nouveau en ligne