Utilisation du LBD : "S'il n'y avait pas d'agression des forces de l'ordre, il n'y aurait pas de riposte"

Un policier utilise un LBD le 8 décembre 2018.
Un policier utilise un LBD le 8 décembre 2018. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

Selon Jean-Michel Fauvergue, député LREM de Seine-et-Marne et ancien patron du Raid, l'utilisation par les forces de l'ordre des lanceurs de balles de défense se justifie par les violences commises par certains manifestants.

Alors que le Conseil d'Etat a décidé vendredi de ne pas interdire l'usage des lanceurs de balles de défense (LBD) dans les opérations de maintien de l'ordre, Jean-Michel Fauvergue, député LREM de Seine-et-Marne et ancien patron Raid affirme, samedi 2 février sur franceinfo, que l'utilisation par les forces de l'ordre de cette arme se justifie par les violences commises par certains manifestants.

franceinfo : Comment accueillez-vous la décision du Conseil d'Etat de ne pas interdire l'usage du LBD ?

Jean-Michel Fauvergue : De ne pas interdire l'usage des LBD est une chose importante, parce que c'est une arme de létalité réduite qui permet de garder à distance les manifestants. Si le LBD est interdit, il n'y a plus d'arme de moyenne distance, et il n'y a plus de choix entre l'arme de poing et le combat à mains nues. Le maintien de l'ordre, ce n'est pas ça. Le maintien de l'ordre, c'est d'essayer de préserver la liberté de manifester, de préserver les manifestants des casseurs et maintenir les casseurs à distance.

Il semble qu'il y ait un décalage entre les nombreux témoignages de blessures et le chiffre de quatre blessés grave à l'œil avancé par Christophe Castaner le 22 janvier devant les députés. N'est-ce pas dangereux de minimiser les statistiques ?

Il faut ensuite recueillir ces témoignages au niveau judiciaire, voir s'ils sont tous exacts, les confronter. Certains sont sans doute exacts, ce n'est pas ce que je mets en cause : je mets en cause la manière de procéder. Une enquête judiciaire, c'est sur du moyen terme, a minima. On confronte les choses, on cherche à savoir qui a fait quoi, qui a été blessé. Christophe Castaner a donné les faits révélés, dont il est sûr. Ensuite, dans les enquêtes judiciaires, des faits vont se révéler à nouveau. A ce moment-là, le bilan évoluera. Mais ce ne seront pas des faits rapportés par les uns ou par les autres. Celui qui témoigne dans un journal ou sur les réseaux sociaux doit être capable de témoigner devant les enquêteurs et les magistrats, et les faits seront corroborés. Les faits sont établis par la justice, pas par la presse.


Un neurochirurgien compare le tir au LBD avec le fait de lâcher un parpaing en plein visage. Ne faut-il pas ouvrir le débat sur l'usage du LBD en maintien de l'ordre ?

J'aime bien la comparaison…les parpaings et les pierres, c'est ce que se prennent aussi les CRS et les gendarmes qui sont en maintien de l'ordre de la part des manifestants violents, qui sont là pour en découdre. Je signale aussi que, s'il n'y avait pas d'agression des forces de l'ordre, il n'y aurait pas de riposte, il faut bien le savoir.

Beaucoup de pays européens ont décidé de s'en séparer. Que pensez-vous de ce choix.

Beaucoup de pays européens utilisent d'autres systèmes, par exemple, pour les Anglais, des charges à cheval, ce qui est interdit en France parce que très dangereux, des fusils à pompe avec des balles en caoutchouc, ce qui a été abandonné en France depuis très longtemps et est encore plus létal.

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