Tchad : le président Idriss Deby en Israël pour renforcer la coopération sécuritaire

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) s\'apprête à serrer la main du président tchadien Idriss Deby lors de leurs déclarations communes à Jérusalem, le 25 novembre 2018
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) s'apprête à serrer la main du président tchadien Idriss Deby lors de leurs déclarations communes à Jérusalem, le 25 novembre 2018 (RONEN ZVULUN / POOL)

Engagé sur plusieurs fronts, contre les islamistes et contre des rébellions internes dans le nord et l’est du pays, le président tchadien, Idriss Deby a effectué le 25 novembre 2018 une visite surprise en Israël. Cette première pour un chef d’Etat tchadien depuis 46 ans, qualifiée d’historique par Benjamin Netanyahu, a pour but de renforcer la coopération dans le domaine sécuritaire, mais aussi dans l’agriculture désertique.

Il n’est pas encore question d’échange d’ambassadeurs entre les deux pays, mais le président tchadien, Idriss Deby, a brisé la glace avec l’Etat hébreu en s’y rendant en visite, après 46 ans de rupture des relations diplomatiques.

Une visite surprise, mais pas pour tout le monde. Elle a nécessité de longs mois de préparation et le déplacement à Ndjamena de Dore Gold, l'ancien directeur général du ministère israéliens des Affaires étrangères et homme de confiance du Premier ministre.

Agé de 66 ans, et au pouvoir depuis 1990, le président tchadien a rencontré dès son arrivée le Premier ministre israélien, qui a qualifié sa visite d’"historique".

"Nous reprenons une coopération qui a été suspendue", a déclaré Benjamin Netanyahu, précisant qu’elle allait porter notamment sur la lutte contre le terrorisme, "un objectif que nous avons en commun", a-t-il dit.

Engagé ces dernières années dans une reconquête diplomatique du continent, il a résumé sa satisfaction de recevoir le président tchadien d’une simple formule :

Israël revient en Afrique et l’Afrique revient en IsraëlBenjamin Netanyahu AFP

De son côté, soucieux de ne pas se mettre à dos les Etats réticents à renouer avec l’Etat hébreu, Idriss Deby a pris soin de préciser que "la perspective de reprise des relations diplomatiques n’occulte pas le problème palestinien".

"Le Tchad est profondément attaché au processus de paix entre Israël et la Palestine", a-t-il tenu à rappeler.

Toutefois, en lutte contre les islamistes de Boko Haram et les djihadistes de l’organisation Etat islamique en Afrique de l’Ouest et confronté à des rébellions dans l’est et le nord du pays, Idriss Deby cherche à renforcer la coopération avec Israël contre le terrorisme, "ce mal du siècle" comme il l’a appelé.

Nous entrons dans une nouvelle ère de coopérationIdriss DebyAFP

"Nos discussions vont continuer, les relations seront consolidées." Une perspective rendue possible par la récente visite de Netanyahu au sultanat d’Oman.

"C’est un pas vers la paix que vous avez fait", a-t-il lancé à son hôte, tout comme "le dialogue que vous avez avec des dirigeants de pays arabes, ça aussi est un signal très fort. Je souhaite de tout cœur paix et stabilité pour cette région, pour les fils et filles de cette région."

Dans son combat contre les organisations islamistes, Ndjamena a reçu il y a quelques semaines des Etats-Unis des véhicules et navires militaires d’une valeur de 1,15 millions d’euros.

Et pour faire face aux rébellions internes, notamment dans le Tibesti, à l’extrême nord du territoire, l’armée tchadienne et l’Agence nationale du renseignement se sont déjà équipées de matériels militaires israéliens ont indiqué à l’Agence France Presse des sources sécuritaires tchadiennes.

Des technologies de goutte-à-goutte et de micro-irrigation

Officialisation donc d’une coopération jusque là discrète, mais aussi ouverture sur un autre domaine, celui des technologies israéliennes pour le développement d’une agriculture en milieu désertique.

Après une rencontre avec le chef de l’Etat israélien, Reuven Rivlin, Idriss Deby s’est rendu dans le Neguev, à l’extrême sud d’Israël, rapporte Radio France International. Il y a rencontré les habitants d’un moshav, une communauté agricole coopérative et a visité un kibboutz, une communauté collectiviste, berceau de l’entreprise Netafim.

Une société fondée en 1965, qui se revendique aujourd’hui "leader mondial des solutions efficaces de gestion de l’eau dans l’agriculture". Selon RFI, «si la visite du Kibboutz Hatzerim a été mise au programme du président tchadien, c’est qu’Israël fait de ses technologies de goutte-à-goutte et de micro-irrigation un atout majeur pour renforcer sa présence sur le continent africain".

Une visite gagnant-gagnant pour Idriss Deby, qui fait le plein de technologies sécuritaires et agricoles, et pour Benjamin Netanyahu, qui marque un point diplomatique important sur le continent.

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