"On a besoin d’être dignes de l’investissement quotidien" de nos forces de l'ordre, selon un député qui a passé cinq mois en immersion

Le député Christophe Naegelen est l\'un des auteurs du rapport de la commission d\'enquête de l\'Assemblée nationale sur \"les missions et les moyens des forces de sécurité\".
Le député Christophe Naegelen est l'un des auteurs du rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur "les missions et les moyens des forces de sécurité". (OLIVIER BOITET / MAXPPP)

Le député Christophe Naegelen, coauteur du rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les forces de sécurité, était l'invité de franceinfo. 

"On a besoin d’être dignes de l’investissement quotidien de nos policiers, de nos gendarmes", affirme sur franceinfo mercredi 10 juillet Christophe Naegelen, député des Vosges (UDI-Agir), coauteur du rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur "les missions et les moyens des forces de sécurité".

"Il y a [dans ce rapport] des propositions et je pense qu’elles peuvent simplifier la vie de nos gendarmes, de nos policiers et leur rendre a minima l’investissement qu’ils ont tous les jours pour notre sécurité", assure le député, qui a passé cinq mois d’immersion au sein de la police et de la gendarmerie.

franceinfo : Le système est-il au bord de la rupture ?

Christophe Naegelen : On a besoin d’investir massivement, de faire beaucoup plus confiance à nos policiers et nos gendarmes. On a besoin d’être dignes de l’investissement quotidien de nos policiers, de nos gendarmes. Sur la partie immobilière, on a des lieux de vie, des commissariats qui sont presque dans un état insalubre, des casernes de gendarmerie où il y a aussi des familles qui habitent, et certaines ne sont pas dignes. On a des véhicules âgés, des véhicules blindés qu’on voit régulièrement lors des manifestations : on est à 50 ans de moyenne d’âge. Il serait peut-être temps de faire réellement quelque chose.

Dans ce rapport, vous évoquez des tâches indues. De quoi s'agit-il ?

Ce sont toutes les parties qui ne sont pas la mission principale de nos forces de sécurité. La durée moyenne pour remplir une procédure, c’est 28 heures. Quand vous allez interpeller quelqu’un et que derrière, rien que pour remplir la paperasse, il y a 28 heures de procédure, pensez-vous que cela motive d’arrêter les personnes pour ces petits délits ? Et à côté de ça, il y a toutes les tâches indues, ce qui les empêche d’être au plus proche de leur travail, sur le terrain. Il y a certaines tâches administratives, aussi, qui pourraient être externalisées.

Est-ce-que cela joue sur le moral des troupes ?

On se sent bien mieux dans son corps et dans sa tête, quand on arrive sur son lieu de travail et que celui-ci est propre, accueillant. Même chose quand vous savez que votre famille est bien logée, quand vous savez la raison pour laquelle vous vous êtes engagé et que c’est effectivement ce que vous allez faire au quotidien. Oui, ça joue sur le moral. J’espère que ce rapport sera une des bases pour un grand livre blanc. Il y a [dans ce rapport] des propositions et je pense qu’elles peuvent simplifier la vie de nos gendarmes, de nos policiers et leur rendre a minima l’investissement qu’ils ont tous les jours pour notre sécurité.

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