Jacques Toubon opposé au LBD : le syndicat de police Alliance dénonce un rapport "injuste" "au vitriol"

Un policier tient un LBD, à Bordeaux le 2 mars 2019, lors d\'une manifestation de \"gilets jaunes\".
Un policier tient un LBD, à Bordeaux le 2 mars 2019, lors d'une manifestation de "gilets jaunes". (MEHDI FEDOUACH / AFP)

"Je trouve ce rapport injuste et infondé", a déclaré mardi sur franceinfo Stanislas Gaudon, porte-parole du syndicat Alliance, après la publication du rapport du Défenseur des droits Jacques Toubon qui demande l'interdiction des LBD.

"Le Défenseur des droits fait un rapport au vitriol vis-à-vis des forces de sécurité", a réagi mardi 12 mars Stanislas Gaudon, porte-parole du syndicat Alliance Police nationale et invité de franceinfo, après la publication du rapport du Défenseur des droits Jacques Toubon qui demande l'interdiction des lanceurs de balle de défense (LBD) dans les manifestations. "Je trouve ce rapport injuste et infondé", dit Stanislas Gaudon. Selon lui, si on enlève les LBD, il va rester "le corps-à-corps" ou "l'utilisation d'une arme létale". Le syndicaliste précise que "s'il y a des manquements" au sein des forces de sécurité, ils font l'objet de "sanctions extrêmement sévères". Le porte-parole demande "des peines complémentaires d'interdiction de manifester" pour qu'il y ait moins de violences.


franceinfo : Faut-il supprimer ces LBD, critiqués par Jacques Toubon ?

Stanislas Gaudon : Encore une fois, on constate que le Défenseur des droits fait un rapport au vitriol vis-à-vis des forces de sécurité. Il en passe par toutes les couleurs. On passe du LBD, on passe aux activités policières, notamment dans la gestion des migrants, dans la gestion des mineurs. Je trouve ce rapport injuste et infondé. Pour en revenir aux lanceurs de balles de défense, oui, cette arme intermédiaire est nécessaire. Je rappellerai un chiffre : nous avons 1 300 blessés dans nos rangs malgré du matériel de protection, malgré le fait que nos collègues aient essayé de maintenir des individus extrêmement dangereux. Si on n'a pas les armes intermédiaires de défense, qu'est-ce qui va rester ? Le corps-à-corps ? Est-ce qu'on est prêt à voir des images d'affrontements au corps-à-corps dans les rues de Paris ou en province ? Et, plus grave, l'utilisation d'une arme létale ? Personne en France, ni en Europe, ne voudrait avoir des morts au sein de manifestations revendicatives.

Il y a eu des blessures du côté des manifestants. Comment expliquer cela ?

Souvent on dit, il y a eu tant de blessés de 'gilets jaunes'. On sous-entend que c'est du fait de la police. Non, il n'en est rien. Depuis le 1er janvier 2018, il y a la comptabilisation des blessés, voire des tués, au sein de missions des forces de sécurité ou forces de police ou de gendarmerie. C'est une avancée en toute transparence.

Faut-il encadrer l'utilisation des LBD ?

Il y a eu 13 460 utilisations de lanceur de balles de défense. À ce jour, nous ne comptons pas 13 460 blessés. Il y a eu effectivement des blessés. Évidemment, lorsqu'il y a des blessés graves, c'est à déplorer et tout le monde le regrette. Mais attention à ne pas faire un procès d'intention aux forces de sécurité qui en ont pris plein la figure. Il faut rappeler à quoi est-ce qu'ils ont été exposés : boules de pétanque, bouteilles d'acides... Le premier éborgné sur ces manifestations de 'gilets jaunes', c'est un policier à la suite d'un engin incendiaire qui a été jeté fin novembre. S'il y a des manquements dans nos rangs, cela fait l'objet d'enquêtes et de sanctions extrêmement sévères au sein de la police nationale. Il n'y a pas d'impunité au sein de la police nationale. S'il y avait un peu moins d'impunité sur les individus extrêmement dangereux qui infiltrent les manifestations, s'il y avait des peines complémentaires d'interdiction de manifester qui étaient prononcées à l'encontre de ces individus, peut-être qu'on aurait moins de violences au sein des manifestations.

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