Famas et trousse de secours, le quotidien des médecins militaires en opération extérieure

Un soldat français au Mali. (Illustration). 
Un soldat français au Mali. (Illustration).  (YANN FOREIX / MAXPPP)

Plus de 1 500 médecins et infirmiers français sont déployés actuellement dans des opérations extérieures. 

Après la mort d'un médecin militaire français mardi 2 avril tué au Mali lors de l'explosion d'une bombe artisanale, franceinfo s'intéresse à ces professionels de santé engagés dans l'armée. Actuellement, plus de 1 500 médecins et infirmiers français sont déployés en opérations extérieures. 

La présence de médecin est obligatoire sur les missions

Etre infirmier ou médecin militaire, c'est avoir à la fois une arme et une trousse de secours, et être capable d'utiliser les deux. "Je n'ai aucun scrupule à utiliser mon famas Ma priorité est de vivre. Morte, je ne peux soigner personne", explique l'une de ces médecins. Aujourd'hui au Sahel, ne pas avoir de médecin intégré à un détachement, à une patrouille, est un critère de "no-go". Autrement dit : pas de médecin, pas de mission.

Ces femmes et hommes du service de santé des armées vivent dans les mêmes conditions que les soldats, roulent dans le même genre de véhicule blindé. La carapace de l'engin est similaire, mais l'intérieur est aménagé comme une ambulance. "C'est une trousse qui permet de prendre en charge les hémorragies, les problèmes respiratoires à cause du blast mais aussi à des plaies par balles", racontait il y a quelques mois à franceinfo, la médecin principale Laurène. 

Une relation particulière avec les soldats 

Ces hommes de santé sont bien sûr entrainés à répondre à la menace principale au Mali. Il s'agit de ces bombes artisanales en bord de route, comme celle qui a tué mardi le médecin capitaine Marc Laycuras. La médecin principale Laurène s'était confiée à franceinfo sur son travail et sur ses relations avec les soldats. "Il y avait ce petit plus de prendre en charge des militaires qui s'engagent pour la France. Je me suis dit, je vais vraiment être utile vis à vis d'eux, raconte-t-elle. Moi ce qui me plait aussi, c'est quand il y a des pannes par exemple, tout le monde met la main à la pate pour trouver des astuces. Tout le monde est solidaire face à la difficulté, je trouve ça beau."

La rencontre avec la médecin avait eu lieu à Ménaka au Mali, là où les jihadistes y étaient très actifs. L'opération Barkhane y avait déployé des moyens lourds. Les groupes armés terroristes se sont ensuite déplacés vers la région du Gourma, à l'ouest de Gao, pour y créer un nouveau sanctuaire. C'est sur une piste de cette région que le médecin capitaine Marc Laycuras a été tué, quand son véhicule a explosé sur une mine artisanale. Il avait 30 ans et vivait sa première opération extérieure depuis le début de l'opération Barkhane. Sur les 10 morts au combat, sept ont été tués par une mine artisanale. 

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