En Afrique, "la lutte contre le terrorisme se fait souvent au détriment des droits humains", dénonce Amnesty International

Un soldat malien à l\'entrée d\'un camp de base de la force G5 Sahel
Un soldat malien à l'entrée d'un camp de base de la force G5 Sahel (SEBASTIEN RIEUSSEC / AFP)

Les pays participants à la force G5 Sahel, qui lutte contre le terrorisme en Afrique, "commettent des exactions de droits humains", a affirmé François Patuel, chercheur à l'ONG Amnesty International, sur franceinfo.

Emmanuel Macron entame lundi 2 juillet une visite de trois jours en Afrique. Le président de la République doit établir un bilan de la force G5 Sahel, destinée à lutter contre le terrorisme. Le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie composent cette force. À cette occasion, François Patuel, chercheur à l'ONG Amnesty International, a dénoncé sur franceinfo les méthodes de certains pays africains qui "au nom de la lutte contre le terrorisme commettent des exactions de droits humains".

Des personnes torturées en détention

Il a pointé du doigt le silence de la communauté internationale malgré les exactions des pays engagés dans cette lutte anti-terroriste, qui "se fait malheureusement souvent au détriment des droits humains". Ces exactions peuvent être "l'utilisation de la détention préventive sur de très longues périodes ou l'utilisation de la torture contre des personnes qui sont suspectées d'avoir commis des actes terroristes", a précisé François Patuel.

Le Sénégal et la Mauritanie sont particulièrement mis en cause par Amnesty International. Onze personnes ont par exemple été arrêtées en 2016 en Mauritanie, car elles étaient soupçonnées d'avoir préparé des actes terroristes. Ces habitants "ont été maintenus en détention secrète pendant une dizaine de jours. Ils ont été torturés. On les a rencontrés dans les prisons à Nouakchott. Ils ont été jugés uniquement en début d'année de 2018. Ils n'ont pas eu accès à des avocats. Ils n'ont pas eu droit à un procès équitable", a affirmé François Patuel.

Le chercheur a aussi cité l'exemple de 30 personnes au Sénégal qui ont été détenues "deux ans sans avoir un procès".

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