Bonne cohésion, emploi du temps surchargé, enfants de militaire surreprésentés... Ce qu'il faut retenir du premier bilan du service national universel

Des jeunes du Service national universel, le 17 juin 2019 à Tourcoing (Nord).
Des jeunes du Service national universel, le 17 juin 2019 à Tourcoing (Nord). (SYLVAIN LEFEVRE / HANS LUCAS / AFP)

Les retours "sont extrêmement positifs", a assuré Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale.

Le service national universel a soufflé sa première bougie. Mais a-t-il atteint ses objectifs ? Les premiers concernés ont pris la parole, dans une grande enquête menée par l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep). Ses premiers résultats ont été révélés mi-septembre, avant un rapport complet de ces 400 entretiens avec des volontaires et des encadrants, prévu le 10 novembre. Les retours "sont extrêmement positifs", a assuré Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, sur franceinfo, lundi 21 octobre. Franceinfo tire les grandes leçons de cette enquête.

Un "séjour de cohésion" plébiscité

Un facteur principal a incité les 2 000 jeunes volontaires à participer à la première édition du SNU, à partir de juin 2019 : les rencontres avec de nouvelles personnes. Un élément moteur cité par 76% des sondés, loin devant le contenu même des ateliers proposés (24%). Et le pari semble réussi : 94% des volontaires interrogés se déclarent satisfaits du "séjour de cohésion" et mettent notamment en avant la mixité sociale et leur intérêt pour les activités sportives proposées. Un très bon résultat à nuancer en gardant à l'esprit que les participants sont des volontaires, note l'Injep.

Un emploi du temps à revoir

L'emploi du temps et l'organisation des journées laissent encore à désirer, selon les volontaires : 69% déclarent qu'ils devraient être améliorés et 46% qu'ils devraient l'être en priorité. Et pour cause : le volume horaire de certaines journées semble avoir été beaucoup trop important. Des difficultés dans l'organisation des plannings et la diffusion des informations ont aussi pu être observées sur le terrain. Conséquence : de longs temps d'attente entre les activités. 

Les enfants de militaires surreprésentés

Avant qu'il ne devienne vraiment universel, le SNU n'a concerné que 2 000 jeunes en 2019 et doit en recevoir 30 000 en 2020, toujours sur la base du volontariat. Une formule qui interroge sur le niveau de mixité sociale représenté parmi les participants. Selon l'Injep, les proportions observées au sein des parents des jeunes volontaires sont assez proches de celles de la population en emploi. Un léger écart avec la moyenne est cependant noté concernant la surreprésentation des enfants d'artisans, de commerçants ou de chefs d'entreprise, aux dépens des enfants d'ouvriers.

En réalité, un autre facteur est quant à lui particulièrement notable : près d'un tiers des volontaires (31%) déclare que l'un de ses parents travaille ou a déjà travaillé dans l'armée. Une proportion extrêmement élevée quand on sait que les personnes travaillant pour l'armée ne représentent que 1,3% de la population en emploi, selon le bilan social 2018 du ministère des Armées. Pour certains volontaires, le SNU s'inscrivait d'ailleurs dans un projet pour devenir militaire, pompier ou gendarme.

Un uniforme apprécié mais pas assez lavé

Tous les volontaires du SNU ont un point commun : un uniforme bleu marine, orné d'une cocarde. Dans leur paquetage, on retrouve deux pantalons, deux polos, deux tee-shirts, un pull, un short pour le sport, un coupe-vent et une paire de chaussures. Cet uniforme est bien perçu par les volontaires, qui sont 90% à considérer qu'il est important pour la cohésion de groupe, et 81% à le juger beau. Certains points restent tout de même à améliorer : les participants ont exprimé dans les réponses aux questions ouvertes que les uniformes étaient en nombre insuffisants et les lessives trop peu fréquentes.

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