Armes en 3D : "Il vaudrait mieux réfléchir dès maintenant à la réglementation avant que chacun puisse en avoir une à la maison"

Le député Les Républicains du Vaucluse, Julien aubert, le 3 avril 2018, à l\'Assemblée nationale.
Le député Les Républicains du Vaucluse, Julien aubert, le 3 avril 2018, à l'Assemblée nationale. (THOMAS SAMSON / AFP)

Julien Aubert, député LR du Vaucluse, a expliqué, vendredi sur franceinfo, qu'il fallait légiférer sur la possibilité de fabriquer des armes à feu grâce à une imprimante 3D.

Une enquête de franceinfo a été publiée, vendredi 1er février, au cours de laquelle nous avons pu fabriquer un arme à feu avec une imprimante 3D (illégale en France). Julien Aubert, député Les Républicains du Vaucluse et cosignataire de la proposition de la loi d’octobre 2016 relative à l’impression 3D et à l’ordre public, a réagi, vendredi sur franceinfo.

franceinfo : Les armes imprimées grâce à une imprimante 3D ne sont pas marquées. Est-ce un problème ?

Julien Aubert : C'est un des points sur lesquels il faut pouvoir agir. Il y a aussi le sujet de la responsabilité de celui qui imprime. Et puis, il y a aussi peut-être à réfléchir sur le statut de la contrefaçon parce que nous avons des règles particulières. Quand on imprime quelque chose qui a été conçu par quelqu'un d'autre, on peut, peut-être, attaquer de ce point de vue-là. Je pense qu'on est face à un problème qui va aller en grandissant parce qu'aujourd'hui les imprimantes 3D ne sont pas encore très répandues, il y a quand même un problème de coûts, mais il vaudrait mieux réfléchir dès maintenant à la réglementation avant que chacun dans 10 ans puisse en avoir une à la maison.

Des pays comme la Grande-Bretagne ont déjà interdit ces armes à feu en 3D. Faut-il aussi le faire ?

On pourrait faire comme au Royaume-Uni, c'est-à-dire créer une catégorie spécifique des armes 3D voire considérer que lorsque vous commettez un délit avec une telle arme - qui n'est pas numérotée ou qui a été conçue de manière illégale - dans ce cas-là, la peine est encore plus importante, de manière à avoir une action préventive. Il n'y a pas que le sujet des armes d'ailleurs, on pourrait l'élargir au sujet des organes et de tout ce que l'on peut créer avec ce type de matériel. Il faut donc peut-être aller vers un durcissement en obligeant les fabricants d'imprimantes 3D à instaurer des mécanismes de sécurité.

Aux Etats-Unis on peut déjà trouver des plans de fusil d'assaut en 3D. Est-ce que c'est un phénomène qui vous inquiète pour les années qui viennent ?

Aux Etats-Unis, ils balancent entre la liberté d'expression qui englobe la liberté de diffuser des plans d'armes et l'amendement qui permet de posséder des armes. Ils ont évidemment une logique plus libertaire que la nôtre. Ce qu'il faut éviter c'est que - la technologie venant souvent de l'étranger - on importe également des us et coutumes qui ne sont pas les nôtres notamment notre relation aux armes. Je ne souhaite pas que nous devenions les Etats-Unis et que chacun puisse avoir sa petite arme à la maison.

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