Afghanistan : comment l'unité d'élite se prépare à affronter les talibans

La formation d\'une unité spéciale est un enjeu majeur de l\'armée en Afghanistan.
La formation d'une unité spéciale est un enjeu majeur de l'armée en Afghanistan. (NOOR MOHAMMAD / AFP)

La police et l'armée afghane doublent leurs effectifs alors que la sécurité ne cesse de se dégrader en Afghanistan. 

Depuis quelques temps, les Etats-Unis planchent sur une nouvelle stratégie à adopter pour mettre fin à 16 ans de conflit depuis l'invasion américaine en 2001. Alors que 40 % du territoire afghan est sous le contrôle des insurgés talibans ou autres groupes armés, les forces spéciales afghanes de la police et de l'armée vont passer de 21 000 à 32 000 agents au cours des trois prochaines années. Et comme l'a constaté franceinfo dans un camp militaire à Kaboul, la formation des nouveaux membres de cette unité d'élite est devenue un enjeu majeur.

Plusieurs semaines en camp militaire

Il y a encore trois mois avant d'entrer dans l'armée, Mohamad était tailleur, puis il a été sélectionné pour les commandos, une étape préliminaire avant d'intégrer les forces spéciales. Selon ce jeune soldat, "les premières semaines sont très intenses et demandent beaucoup d'énergie". Mohamad doit, par exemple, tirer avec des armes qui pèsent très lourd, ensuite seulement il pourra intégrer l'unité d'élite afghane, réputée dans toute la région centrale-asiatique.

Au total, les recrues suivent 14 semaines d'entraînement suivies de quelques mois sur le terrain, puis d'une nouvelle session de formation. Najeeb participe à cet entraînement. Pour lui, ces commandos "sont très bien entraînés et bénéficient de très bonnes armes". Selon Najeeb c'est ce qui "fait qu'ils remportent toutes les batailles".

Appelés sur les attaques complexes

Ces forces spéciales sont appelées sur les attaques terroristes les plus complexes, celles qui durent plusieurs heures avec de nombreux insurgés. Ces derniers mois, ces soldats d'élites ont été particulièrement sollicités à cause des récentes attaques de l'État islamique et des talibans.

Pour le porte-parole du ministère de la Défense, le général Waziri, les membres de ces forces spéciales sont "très fatigués parce qu'ils se battent contre une vingtaine de groupes terroristes". Selon lui, les soldats peuvent être déployés à n'importe quel moment, n'importe où dans le pays et "ils ne perdent jamais une bataille."

Alors que l'armée régulière afghane est souvent pointée du doigt pour les défections en masse dans ses rangs et pour sa faiblesse. L'unité d’élite déployée pour combattre les insurgés jouit d'une aura toute particulière. D'ailleurs le gouvernement compte sur elle pour vaincre les insurgés qui contrôlent 40 % du pays.

Les forces spéciales afghanes doublent leurs effectifs : reportage à Kaboul de Sonia Ghezali
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne