Vol de documents dans l'affaire Lactalis : "À chaque fois, on essaie de faire disparaître les preuves"

Quentin Guillemain, le président de l\'Association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles, l\'AFVLCS.
Quentin Guillemain, le président de l'Association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles, l'AFVLCS. (MAXPPP)

Le président de l'association des familles de victimes, Quentin Guillemain, a porté plainte après le vol de documents confidentiels dans les locaux de la répression des fraudes.

"À chaque fois, on essaie de faire disparaître les preuves" dans l'affaire Lactalis, a affirmé sur franceinfo mercredi 29 août Quentin Guillemain, le président de l'Association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS) après que des documents relatifs à l'affaire Lactalis ont été volés dans des bureaux de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Pour Quentin Guillemain, "il ne s'agit pas d'un simple vol. Il s'agit du vol d'un ordinateur dans lequel il y avait des éléments sur une enquête en cours, dont on sait la sensibilité politique et dont on sait aujourd'hui le manque de transparence qui existe sur ces éléments-là."

franceinfo : Pourquoi avez-vous déposé cette plainte ?

Quentin Guillemain : On a des inquiétudes sur le mobile des voleurs, sur pourquoi ce vol a eu lieu dans ces bureaux-là, pourquoi ces ordinateurs ont été volés précisément, pourquoi ce sont des ordinateurs dans lesquels il y avait des documents relatifs à l'affaire Lactalis. Le concours de circonstances nous paraît surprenant. Il ne s'agit pas d'un simple vol. On parle d'un vol dans des bureaux de la répression des fraudes [DGCCRF], qui normalement devraient être sécurisés. On parle de bureaux gouvernementaux dans lesquels on peut, semble-t-il, rentrer n'importe comment, voler des ordinateurs et en ressortir sans que personne ne puisse le voir, sur une affaire sensible pour laquelle il y a une enquête en cours. Pour nous, c'est extrêmement important de faire la lumière sur ce vol et de savoir ce qui a été réellement volé : quel type de documents, qui, pour quel mobile ?

D'après la DGCCRF, il s'agit de documents administratifs relatifs à la procédure de retrait des lots, ce qui ne concernerait donc pas la procédure pénale...

Un des objets est le retrait des lots justement, pour savoir à quel moment ils ont été faits, à quel moment les ministères concernés l'ont su et ainsi de suite. Tous ces éléments font partie de l'enquête en cours et ce sont des éléments qui sont des pièces à conviction. À chaque fois, on essaie de faire disparaître les preuves. Je me rappelle qu'au moment des retraits, Lactalis disait aux familles de détruire les boîtes en leur possession, qui étaient les seules preuves que les familles pouvaient avoir pour dire qu'elles avaient acheté ces boîtes. Donc, à chaque fois, des preuves disparaissent dans ce dossier.

Votre suspicion vient donc de vos difficultés passées dans ce dossier à réunir des documents ?

Ça fait des mois qu'on demande des documents, notamment à la DGCCRF, sur le retrait des lots. Ça fait des mois qu'on les demande et que nous ne les avons pas, que nous n'avons pas eu de réponse précise sur ces éléments-là. Nous sommes aujourd'hui au tribunal administratif pour avoir ces éléments face à l'État. On peut se poser un certain nombre de questions sur la volonté de ne pas faire connaître ces éléments à la justice. C'est sur cette base là que nous déposons cette plainte parce que nous voulons savoir, plus que le vol, quel est le mobile et quels sont les documents qui potentiellement ont été volés. Il ne s'agit pas d'un simple vol. Il s'agit du vol d'un ordinateur dans lequel il y avait des éléments sur une enquête en cours, dont on sait la sensibilité politique et dont on sait aujourd'hui le manque de transparence qui existe sur ces éléments-là. J'insiste sur le fait que s'il y avait eu information judiciaire, s'il y avait eu juge d'instruction désigné à ce moment-là, peut-être n'aurions-nous pas cette discussion aujourd'hui, de savoir si des pièces à conviction avaient disparu, parce que nous les aurions en notre possession.

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