VIDEO. Pour cet agriculteur, "les gens de la ville veulent être à la campagne sans en avoir les inconvénients"

A Savigny-le-Temple, la maire a pris un arrêté interdisant l'épandage de produits phytosanitaires à moins de 150 mètres des maisons. Des zones sans pesticides qui représentent des terres perdues, estime cet agriculteur dans "Envoyé spécial", tandis qu'un représentant de la FNSEA avertit de ce qui se passera "si chacun veut durcir le ton dans sa municipalité"...

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Avant que la ville nouvelle ne grignote jusqu'à 200 hectares de champs par an, Savigny-le-Temple était un village. Né à la ferme, aujourd'hui devenue écomusée, Bruno Thirouin est l'un des derniers agriculteurs locaux – l'héritier d'un monde disparu.

Aujourd'hui, ses champs sont bordés d'habitations. La maire a pris un arrêté qui lui interdit d'épandre des produits phytosanitaires à moins de 150 mètres des maisons. Sur les dix hectares où il fait de l'orge d'hiver, il prétend qu'il ne pourra plus en cultiver que six ou sept. Il trouve que le dialogue avec les riverains est difficile car "les gens de la ville veulent être à la campagne, mais pas avoir les inconvénients de la campagne".

Comme il n'est pas possible de cultiver une partie d'un champ en bio et l'autre en agriculture conventionnelle, Bruno Thirouin estime qu'il n'a pas le choix. Aucune solution ne lui a été proposée, regrette-t-il dans "Envoyé spécial". Dans son champ, il commence à trouver des graminées qui nuisent à sa culture d'orge. Pour lui comme pour son syndicat agricole, ces zones sans pesticides seraient des terres perdues. Selon la FNSEA, 15% de la surface agricole française seraient concernés.

"Chez vous, les gens des villes" contre "chez nous, les agriculteurs" ?

Dans cet extrait, le président de sa branche locale, Cyrille Milard, se fait le défenseur de l'agriculture française face aux poulets au chlore, bœufs aux hormones ou soja au glyphosate d'importation. Et de prévenir : "Si chacun veut durcir le ton dans sa municipalité, on s'opposera à toute construction qui prenne sur les terres agricoles. Et puis les dépôts sauvages que l'on récolte toutes les semaines dans nos champs, dans nos chemins, on amènera tout chez vous [chez les gens, dans les villes] et là, vous allez voir, la vraie pollution, ce que c'est."

"Chez vous" contre "chez nous" ? Serait-on vraiment entré dans une telle opposition ? Pour Cyrille Milard, "c'est ce qui est en train de se passer".

Extrait de "Pesticides : les champs de la colère", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 24 octobre 2019.

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