VIDEO. Moins de pesticides, c'est plus d'oiseaux dans les champs... sans nuire aux rendements agricoles, comme le montre cette expérience du CNRS

Loin de nuire aux rendements agricoles, réduire l'utilisation des pesticides et engrais chimiques de seulement 30% pourrait même permettre aux cultivateurs d'augmenter leurs revenus... tout en faisant revenir les oiseaux dans les champs. C'est ce que montre une expérience menée dans les Deux-Sèvres, qu'a suivie "Pièces à conviction".

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Il y a deux ans, il avait alerté l'opinion publique sur l'inquiétante disparition des oiseaux dans nos campagnes. La bonne nouvelle, c'est que cette disparition est "liée à l'uniformisation des cultures et à l'utilisation des pesticides, et donc réversible", explique le chercheur du CNRS Vincent Bretagnolle, spécialiste de la biodiversité. C'est ce que montre cette expérience unique en France. Dans les Deux-Sèvres où elle est menée, milans, busards et hirondelles sont de retour.

Réduire de 30% les pesticides n'a pas d'incidence sur les rendements

Ici, les champs de blé sont devenus des laboratoires à ciel ouvert. Depuis huit ans, Vincent Bretagnolle propose aux agriculteurs de réduire progressivement l'utilisation des produits chimiques, puis de mesurer les effets de ce changement. Le test se fait sur de petites parcelles en bordure de champ, comme ici. Sur une centaine de mètres de long, la quantité de pesticides et d'azote utilisée a été réduite de 30%. 

Juste avant la moisson, l'équipe du CNRS vient prélever des échantillons de blé sur les parcelles tests, qui seront comparés au reste de la production. L'aspect du blé (sa hauteur, sa densité, sa couleur) est le même que sur les parties non testées. Les prévisions du chercheur sont confirmées : une réduction d'environ 30% des produits chimiques utilisés n'a pas d'incidence sur les rendements. 

Loin de perdre de l'argent, les céréaliers pourraient même augmenter leur revenu

Au bout de huit années d'expérimentation, le chercheur est formel : en économisant sur les produits phytosanitaires et les engrais chimiques, les céréaliers ne perdent pas d'argent sur leur récolte, bien au contraire. "On démontre qu'ils peuvent augmenter leur revenu de parfois 100, 200, 300 euros par hectare, explique Vincent Bretagnolle. C'est considérable : on ne parle pas de quelques pourcents d'amélioration de leur revenu mensuel, on parle de l'augmenter de 25%, 50%, voire de le doubler."

Extrait de "Les agriculteurs vont-ils sauver la planète ?", un document à voir dans "Pièces à conviction" le 25 mars 2020.

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