VIDEO. Loi alimentation : "Les ordonnances doivent s'appliquer le 1er janvier, le reste c'est de l'enfumage", prévient la FNSEA

FRANCEINFO

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, appelle à la mobilisation des agriculteurs après le report des ordonnances de la loi agriculture et alimentation. Ils ne se joignent pas aux "gilets jaunes" et ne manifesterons pas à Paris mais dans les départements.

Les ordonnances attachées à la loi alimentation sont reportées à janvier-février 2019, a annoncé mercredi 5 décembre le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume en raison de la mobilisation des "gilets jaunes". Ces ordonnances devaient s'appliquer le 1er janvier et, entre autre préciser le relèvement des seuils de revente à perte et la limitation des promotions. Mécontents, les agriculteurs appellent à la mobilisation dès la semaine prochaine pour dénoncer le matraquage fiscal. "C'est insupportable", a réagi sur franceinfo jeudi Christiane Lambert, présidente de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). "Ce n'est pas aux agriculteurs de payer pour les autres."

franceinfo : Quelle forme va prendre la mobilisation des agriculteurs ?

Christiane Lambert : Des actions dans les départements sous la responsabilité de mes présidents départementaux, dans le calme et le respect des personnes et des biens. Nous avons des choses à dire nous aussi, et nous voulons les dire. Lundi [3 décembre] à Strasbourg, 700 tracteurs ont défilé dans la rue. Si 700 agriculteurs descendent dans la rue avec leurs tracteurs c'est qu'il y a un problème ! Il y aura des opérations escargot, mais ce sont surtout les parlementaires qui vont être ciblés pour leur expliquer les choses. Ils ont voté la loi alimentation, ils doivent voter le budget le 17 décembre et dans les éléments en vote, il y a notamment des taxes en plus et des charges en plus pour les agriculteurs que nous n'acceptons pas. La transition écologique est en marche, mais elle ne peut pas se faire à coup de taxes et de charges en plus.

Y aura-t-il une manifestation devant l'Assemblée nationale ?

Non, nous ne serons à Paris, nous serons dans les départements avec un début et une fin pour chacune des actions. Nous ne rejoignons pas le mouvement des "gilets jaunes", contrairement à ce qui a été dit. Comme les ambulanciers qui ont exprimé leur problématique spécifique il y a trois jours, nous allons expliquer les problématiques des agriculteurs.

Quelles sont-elles ?

Elles sont de trois ordres. Le premier c'est la transition écologique qui pèse trop lourd. Nous payons depuis des années 140 millions d'euros de taxes, de redevances environnementales. Ils veulent nous l'augmenter de 112 millions, en une fois. Ce n'est pas acceptable. D'autres mesures vont coûter un milliard d'euros aux agriculteurs en séparant, en interdisant aux agriculteurs d'avoir du conseil gratuit pour leurs pratiques. Ils veulent aussi, et ça c'est insupportable, repousser l'application de la loi alimentation. Ce n'est pas aux agriculteurs qui gagnent entre 300 et 1 000 euros de trinquer parce qu'il y a un problème dans notre pays. Je ne sais pas pourquoi ce report mais ce n'est pas aux agriculteurs de payer pour les autres.

Ces ordonnances doivent relever le seuil de vente à perte et encadrer et limiter les promotions. Que pouvez-vous nous en dire ?

L'ordonnance que nous attendons doit s'appliquer le 1er janvier et c'est 50 centimes par habitant et par mois, c'est tout. Le reste c'est de l'enfumage de certains distributeurs qui laissent planer le doute [en insinuant que] ça va augmenter de 10%. C'est faux et archifaux. Les ordonnances allaient encadrer les promotions pour éviter qu'il y ait une braderie permanente des produits. Et elles allaient aussi éviter qu'il y ait du Nutella vendu à 0% de marge et des pommes vendues à 40% de marge. Là, ce sont les producteurs qui trinquent ! Je n'ai qu'un mot, ces ordonnances doivent s'appliquer le 1er janvier.

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