VIDEO. "Le sol a changé !" La vigne avant et après l'abandon des pesticides

Dans l'Hérault, les épisodes climatiques extrêmes – canicule historique comme en 2019 ou inondations comme en 2015 – mettent en danger le trésor de la région : le vignoble. Alors les viticulteurs recherchent des solutions. Cet extrait du magazine "Pièces à conviction" montre comment l'abandon des pesticides peut favoriser la résilience de leurs vignes.

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A Faugères, dans le département viticole de l'Hérault, des cultivateurs font appel à la science pour lutter contre les conséquences du changement climatique qui menacent leur terroir. En hiver, ils profitent de la période de la taille pour établir un diagnostic de leurs sols et de leur évolution. Ils ont demandé à un spécialiste de la santé des sols de venir comparer deux terrains.

De chaque côté du chemin, ces deux vignes ont été plantées en 1987. Celle de droite a toujours été cultivée de manière conventionnelle ; à gauche, elle est bio depuis cinq ans. Des trous ont été creusés dans les deux vignes. 

Viticulture conventionnelle 

Sous l’œil des vignerons et de Nathalie Caumette, la présidente de l'AOP de l'Hérault très engagée dans la protection de l'environnement, l'agronome Pascal Prat commence par observer le terrain de la vigne conventionnelle.

Dans le trou, à partir de 20 centimètres de profondeur, il découvre des racines qui poussent à l'horizontale. Pourquoi ? "Parce qu’elles ont trouvé une barrière en dessous, une zone compactée, qui a été comprimée, explique-t-il. Il n'y a plus de trous pour stocker l'eau, l'air et les racines."

Ce sol compacté ne permet plus à l'eau de pluie de s'infiltrer. Elle va s'accumuler en surface, pour finir par s'écouler avec la pente et ruisseler. "Ce qui limite l’exploitation du terroir, la résistance à la sécheresse et la résilience du vignoble", explique le spécialiste.

Vigne enherbée, cultivée sans pesticides

L'agronome passe à l'examen de la vigne voisine. La structure du sol y est très différente. A 80 centimètres de profondeur, la terre est restée poreuse, on trouve de jeunes racines et même... des vers de terre, grands alliés de l'aération des sols. "C'est un sol qui permet à la vigne de supporter des périodes un peu excessives en température ou en sécheresse", conclut l'agronome. 

Depuis cinq ans, cette vigne est cultivée sans pesticides. Elle a été enherbée (le vigneron a fait pousser de l'herbe entre les rangées) et n'a pas été labourée. Les vignerons semblent convaincus par les bénéfices de cette méthode pour le terrain. D'autant "que dans un laps de temps viticole, cinq ans, c'est rien du tout".

Extrait de "Les agriculteurs vont-ils sauver la planète ?", un document à voir dans "Pièces à conviction" le 25 mars 2020.

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