VIDEO. Dans les foires agricoles, des hôtesses chargées de recruter des agriculteurs pro-glyphosate... sans dire qu'elles travaillaient pour Monsanto

Ce jeudi 16 mai 2019, "Envoyé spécial" diffuse de nouvelles révélations sur les stratégies de lobbying de Monsanto. Après le fichage illégal de journalistes, de chercheurs, de politiques, explications sur la technique de l’astroturfing. Dans cet extrait, voici comment travaillaient des hôtesses recrutées par les communicants de la firme.

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Les difficultés semblent s'accumuler pour Monsanto, la firme américaine (rachetée par Bayer) qui produit le désherbant très controversé au glyphosate, le Roundup. Le 9 mai 2019, France 2 a révélé que des centaines de scientifiques, politiques et journalistes ont été secrètement fichés par des agences de communication travaillant pour l'entreprise américaine Monsanto. Le 13 mai, la firme a été condamnée à verser 2 milliards de dollars à un couple d'Américains atteints d'un cancer qu'ils attribuent au Roundup.

Jeudi 16 mai 2019, "Envoyé spécial" fait de nouvelles révélations. L'enquête du magazine raconte comment, pour le compte de Monsanto, une entreprise de lobbying a créé de toutes pièces une association d'agriculteurs réunis pour défendre le glyphosate. Une technique appelée "astroturfing".

Avec son site internet et ses groupes très actifs sur les réseaux sociaux, Agriculture et Liberté ressemble ainsi à un collectif créé par des producteurs. Mais selon des documents confidentiels que s'est procuré "Envoyé spécial", il s'agirait au départ d'une coquille vide imaginée par des communicants. En 2016, ils ont lancé Freedom to Farm (Agriculture et Liberté) dans plusieurs pays.

Au début, il n'y aurait même eu aucun agriculteur dans ces groupes. Seulement des hôtesses recrutées pour tenir des stands dans les foires agricoles en France et en Europe. Elles étaient présentes, sans logo Monsanto, au Salon de l'agriculture en 2018. Leur mission : recruter des agriculteurs hostiles à l'interdiction du glyphosate.

Monsanto, un nom à ne pas prononcer

Les journalistes d'"Envoyé spécial" ont recueilli le témoignage d'une étudiante qui tenait le stand voisin. Selon elle, personne ne se doutait qu'Agriculture et Liberté était un faux nez de Monsanto. "Elles se présentaient comme étant engagées par Agriculture et Liberté pour faire connaître l'organisme, qui aurait été créé par des agriculteurs." A aucun moment elles ne disaient qu'elles étaient embauchées par une entreprise de communication qui travaille pour Monsanto...

Un nom qu'elles avaient pour consigne de ne pas prononcer. C'est ce que montre une clause de confidentialité non négociable qui apparaît dans un document interne, que s'est procuré "Envoyé spécial". Le document détaille aussi leur mission : "Informer les agriculteurs de l'interdiction du glyphosate et les encourager à mener des actions pour l'empêcher."

Pour cela, elles récoltaient des coordonnées. Persuadée de soutenir un simple groupe d'agriculteurs pro-glyphosate, Armelle a ainsi apposé son nom sur une pétition... qu'elle n'aurait pas signée si elle avait su qu'elle venait d'un groupe de communication travaillant pour Monsanto.

Extrait de "Les fichiers secrets de Monsanto", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 16 mai 2019.

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