VIDEO. Ceta : les députés LR "ne voteront pas" la ratification, en raison d'un "risque sanitaire" et d'une "déstabilisation de la filière bovine"

FRANCEINFO / RADIOFRANCE

L'accord de libre-échange avec le Canada est examiné depuis mercredi à l'Assemblée. Le vote a été repoussé à mardi en raison de vifs débats. Pas question de le ratifier, affirme Christian Jacob (LR).

"Nous ne voterons pas la ratification du Ceta, parce que nous souhaitions que le secteur de la viande bovine soit écarté de l’accord", explique jeudi 18 juillet sur Franceinfo Christian Jacob, président des députés LR à l'Assemblée nationale et candidat à la présidence des Républicains. La ratification du traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta) a donné lieu la veille à de vifs débats à l'Assemblée, avant un vote finalement repoussé à mardi.

Un risque sur la viande bovine

"Par principe, je suis plutôt favorable aux accords de libre-échange. Chaque fois que ça permet de commercer, de créer de l'activité, c'est bon pour l'économie en général. Mais là, il y a un vrai risque sur la viande bovine : il y a le risque de déstabilisation de la filière et il y a un risque sanitaire", précise le député de Seine-et-Marne.

"Les quotas d'importation de viande venant du Canada seraient de 70 000 tonnes, sur une consommation en Europe d'environ 8 millions de tonnes", ajoute Christian Jacob.

Les ministres vous le présentent en disant 'ça représente moins d'1% de la viande consommée, donc ça ne pose pas de problème'.

Christian Jacob, président des députés LR à l'Assemblée

à franceinfo

"La réalité est toute autre : les exportations du Canada vont se faire sur les quartiers nobles, sur l'aloyau, ce quartier de bœuf où l'on taille les filets, faux filets et rumsteck", affirme l'ancien exploitant agricole. "Ces quartiers nobles, c'est 400 000 tonnes de viande consommée en Europe. Quand vous ramenez les 70 000 tonnes d'importation aux 400 000 tonnes, ça représente 17% ! On peut donc totalement déstabiliser la filière de viande bovine", s'alarme le député.

Une inéquité de traitement entre agriculteurs

"J'ajoute que les producteurs de viande bovine sont en général installés dans le massif central, là où il y a aussi un rôle d'aménagement du territoire qui est très important et qui est rempli par l'agriculture", s'inquiète encore le président du groupe LR à l'Assemblée.

"Le deuxième risque est sanitaire : les Canadiens utilisent des farines de viande, qui sont interdites en France depuis 1990 et en Europe depuis 1994. Elles sont toujours utilisées, à partir de faux produits, de sang, de cuir, etc. Ce qui pose un vrai problème", pointe Christian Jacob. "Nous avons des normes sanitaires très strictes, qui sont imposées à nos producteurs, donc il est normal qu'on n'importe pas des produits élaborés avec des substances interdites pour les producteurs français", conclut-il.

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