VIDEO. 13h15. Agriculture : moins on travaille la terre, plus elle est fertile

Lydia et Claude Bourguignon sont des biologistes reconvertis en médecins des sols. Depuis vingt-cinq ans, ils réparent les dégâts causés par l'agriculture industrielle et tentent de convaincre les paysans de changer de modèle… Extrait de "13h15 le dimanche".

Les biologistes et "médecins des sols" Lydia et Claude Bourguignon répètent depuis vingt-cinq ans que moins on travaille la terre, plus elle est fertile. Un message qui ne plaît pas du tout aux tenants de l'agriculture industrielle, intensive, chimique, mécanisée à outrance…

"La forêt n'est jamais labourée et c'est pourtant un lieu de grande fertilité… Personne n'y met d'engrais, de pesticides et tout pousse, les arbres sont magnifiques, explique le biologiste des sols. Notre travail est de comprendre ce qui se passe là et c'est ce modèle qu'on essaie d'appliquer chez les agriculteurs."

"C'est une agriculture qui n'est pas durable"

"Ici, on a un morceau de bois et les champignons vont le consommer. Et ce bois devient le sol", démontre Lydia Bourguignon avec les mains pleines de cette terre naturellement fertile. Pour les deux scientifiques, qui ont quitté l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) il y a un quart de siècle, l'agriculture actuelle détruit la terre.

Le labourage intensif arase notamment les sols : "La charrue met la matière organique au fond, les argiles partent dans la rivière, la terre fond... Ici, en soixante-dix ans, on en a perdu 25 centimètres… Dans cinquante ans, on sera sur le caillou et ce champ ne pourra plus nourrir les hommes… C'est une agriculture qui n'est pas durable." Vingt-cinq centimètres de terre perdue, c'est 2 500 tonnes de terre par hectare parties remplir les cours d'eau…

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