Vendanges : "Le millésime 2019 s'annonce réellement intéressant"

Les vendanges à Cabestany (Pyrénées-Orientales), le 6 août 2019.
Les vendanges à Cabestany (Pyrénées-Orientales), le 6 août 2019. (NINA VALETTE / RADIO FRANCE)

La quantité de vin produite s'annonce en revanche réduite, à cause des différents aléas climatiques que les vignes ont subis.

"Partout le millésime semble se dessiner avec un potentiel qualitatif plutôt très bon", a expliqué mercredi 21 août sur franceinfo Jean-Marie Fabre, président national des vignerons indépendants de France, alors que les vendanges ont débuté dans de nombreux vignobles. La production de vin est attendue en baisse cette année de 6% à 13% par rapport au millésime 2018, en raison notamment de la canicule, selon les estimations du ministère de l'Agriculture.

franceinfo : Quelles sont les conséquences de la canicule sur les vendanges ?

Jean-Marie Fabre : Sur la qualité, il n'y a pas de conséquences, bien au contraire. Partout le millésime semble se dessiner avec un potentiel qualitatif plutôt très bon. Le millésime 2019 s'annonce réellement intéressant. Par contre, le potentiel quantitatif a été largement impacté, notamment par les aléas du printemps, je pense au gel dans différentes régions comme Cahors, la Loire, la Bourgogne. Forcément les intempéries de ces derniers mois, canicule, gel, sécheresse, grêle.

Quels sont les cépages les plus concernés par ces dégâts ?

Les dégâts ne sont pas par cépage, mais plutôt par secteur. Dans le sud, la canicule a frappé l'ensemble du pourtour méditerranéen, ensuite la sécheresse s'est répandue à la totalité du vignoble français. Donc les cépages qui ont la peau moins épaisse, la plus fragile, la plus fine, sont sujets à beaucoup plus de difficultés en matière de brûlures par le soleil. Mais, il n'y a pas de cépage prioritaire qui craigne davantage la canicule, c'est vraiment l'effet d'un dessèchement global, de la plante et du raisin.

Y a-t-il des viticulteurs qui ont tout perdu ?

Oui malheureusement, cela peut arriver. Tout perdu c'est rare, mais il y des secteurs qui sont sinistrés. Une partie du département du Gard, de l'Hérault, de l'Aude, ont sur certaines zones perdu entre 30% et 90% avec la brûlure excessive des épisodes caniculaires de fin juin.

Les dégâts sont-ils différents entre la sécheresse et la grêle ?

Oui, la grêle a un effet immédiat sur la récolte, puisque si elle est conséquente, on perd immédiatement sa récolte et une partie du potentiel de production pour l'année d'après, mais la vigne se refait physiologiquement. Lors de la brûlure et de la sécheresse, on peut arriver à la mort du plant puisque, un peu comme une crise cardiaque, la pompe de la sève ne fonctionne plus et la vigne peut mourir. À ce moment-là, c'est une perte de fond, c'est-à-dire que la souche est obligatoirement à remplacer. Il faut donc replanter et cela aura une incidence beaucoup plus longue.

Est-ce que les intempéries de cette année vont va avoir une conséquence sur les prix ?

C'est un peu trop tôt pour le dire. On est dans une production mondiale avec des échanges internationaux. Quand il y a comme ça des évènements climatiques qui viennent mettre à mal la production il y a parfois une incidence, ce qui peut être normal, celle de faire face à ses charges. L'incidence va être supportée en très grande partie par les vignerons eux-mêmes.

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