"Tous les jours, je vois le niveau du Loiret baisser" : les agriculteurs et les habitants du département inquiets face à la sécheresse

Un champ ravagé par la sécheresse, dans le Loiret, le 18 août 2009.
Un champ ravagé par la sécheresse, dans le Loiret, le 18 août 2009. (ERIC MALOT / MAXPPP)

Une nouvelle période de canicule est annoncée cette semaine sur la France. Dans le Loiret, la sécheresse a déjà fait des dégâts.

La France connaît un nouvel épisode caniculaire à partir du lundi 22 juillet. Les restrictions d'eau concernent déjà 73 départements, tandis que 26 sont en situation de crise, selon les informations du site gouvernemental Propluvia. Cette chaleur risque d'aggraver encore la situation de sécheresse déjà constatée dans de nombreuses zones. C'est le cas du Loiret qui est concerné par les restrictions d'eau.

Des champs craquelés, des sols fissurés

Dans un champ, non loin de Pithiviers, les traces de la sécheresse sont déjà bien visibles. "Ce sont des sols argileux, qui crevassent encore plus vite que les autres. Là, vous laissez tomber un couteau, vous ne le retrouvez pas", explique Cédric Benoist. Pour l'agriculteur, président du syndicat agricole de la FDSEA du Loiret, "quand on en est là, c'est qu'on est arrivé, vraiment, à un haut niveau de sécheresse."

Cette état n'empêche pas la moisson en cours, mais Cédric Benoist et ses confrères s'inquiètent surtout pour les prochaines récoltes : "On a un stress hydrique, mais aussi un gros coup de chaud qui s'annoncent. Et tout ça arrive sur une période critique. Il y a des stades où la plante peut accepter des petits coups de chaud, mais là, on en est au stade où il faut que la plante soit alimentée."

Inquiétude des agriculteurs et des habitants

Les restrictions d'eau en vigueur dans le département ne vont pas arranger l'état des plantes. Dans certaines zones, principalement à l'est du Loiret, la préfecture a décidé de limiter drastiquement l'arrosage des potagers et des jardins, ou d'interdire, par exemple, le lavage des véhicules. Pour certains agriculteurs, c'est une catastrophe. 

Il y a des collègues qui sont obligés, aujourd'hui, de laisser mourir leurs cultures sur piedsCédric Benoist,
FDSEA du Loiret
à franceinfo

Sur le marché d'Olivet près d'Orléans, le stand de Sophie Arnoud, maraîchère bio, déborde de belles tomates. Malgré tout, elle s'inquiète beaucoup : "Les salades ont chaud, là... Ce n'est pas vraiment leur météo préférée. Pour nous, ça s'annonce compliqué. Pour les salades, ou les haricots verts, par exemple, qui demandent beaucoup d'eau. Tous les jours, je vois le niveau du Loiret baisser. Ça fait peur."

Les habitants, eux non plus, ne sont pas sereins : "Quand on passe sur les ponts, on se dit 'Mon Dieu, mon Dieu...' Et puis, nous on habite au bord du Loiret, alors on a peur pour nos maisons. Sans eau, les sous-bassements peinent, et ça crée des fissures."

Risque d'incendies

Une autre conséquence de la sécheresse est l'augmentation des risques d'incendie. L'Office national des forêts (ONF) vient d'interdire à la circulation deux secteurs de la forêt domaniale d'Orléans. C'est trop risqué, explique un agent de l'ONF, Philippe Marsellot : "L'herbe est sèche, complètement inflammable. Les fossés, normalement remplis d'eau, ne le sont plus depuis quasiment un mois. Le coefficient de risque est très élevé."

L'été dernier le Loiret avait déjà connu une période de sécheresse. 151 communes viennent d'ailleurs d'obtenir la reconnaissance de catastrophe naturelle.

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