Sécheresse : 75 départements vont déposer un dossier de reconnaissance de calamité agricole

Des agriculteurs dans un champ de pommes de terre, le 15 octobre 2018, à Rexpoëde (Nord).
Des agriculteurs dans un champ de pommes de terre, le 15 octobre 2018, à Rexpoëde (Nord). ((PHILIPPE HUGUEN / AFP))

La perte causée par cette sécheresse est évaluée entre 200 et 300 millions d'euros.

La sécheresse a frappé durement les agriculteurs français cette année. Sur les 101 départements français, 75 vont déposer un dossier de reconnaissance de calamité agricole dans les jours ou semaines qui viennent, annonce lundi 12 novembre à franceinfo Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, le principal syndicat agricole, confirmant les informations d'Europe 1. "Les prairies ont été beaucoup touchées, mais aussi de nombreuses cultures comme la betterave sucrière, le maïs ou le colza, détaille Luc Smessaert. Il y a un gros malaise sur tout ce qui est 'grand Est', notamment en Bourgogne et Franche-Comté." La perte causée par cette sécheresse est évaluée entre 200 et 300 millions d'euros pour les prairies, selon une estimation du gouvernement communiquée au syndicat.

"Il n'y a pas eu de compensation sur l'automne, la sécheresse s'est poursuivie jusqu'à la Toussaint", poursuit le vice-président du premier syndicat agricole de France. Des conditions climatiques qui ont eu des conséquences directes sur les réserves de fourrage. "On a tapé dans les stocks dès le mois de juin, donc on est en manque, s'alarme encore Luc Smessaert. Il faut rappeler aux gens que ce n'est pas parce qu'il pleut en ce moment que la sécheresse est finie. Tant que l'hiver ne sera pas passé, il y aura une appréhension des éleveurs de ne pas avoir assez à manger pour les bêtes."

 Entre 30% et 60% de pertes en moyenne

Les agriculteurs n'ont pas encore touché leurs indemnités, car "le système est très complexe", regrette Luc Smessaert. Selon le décompte du premier syndicat agricole de France, au moins 50 départements devraient être en mesure de déposer un dossier dès ce lundi pour pouvoir passer devant le Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) le 12 décembre. Les autres attendront le comité de janvier ou février.

Pour pouvoir présenter un dossier, les départements doivent justifier d'une perte moyenne de 30% de leurs cultures. Dans certains, les pertes atteignent jusqu'à 60%, selon Luc Smessaert. Une fois que le CNGRA a validé l'état de calamité agricole pour le département, les agriculteurs doivent déposer un dossier individuel et répondre à de nouvelles conditions pour être indemnisés. "La perte doit notamment représenter au moins 13% du chiffre d'affaires brut", rappelle Luc Smessaert.

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