Ras le bol de la cause animale gentille et bien rangée, ils ne sont pas végans mais antispécistes

complément d'enquête

Ils sont juristes, guide conférencier, retraité ou infirmière et sont prêts à tous les sacrifices, grosses amendes voire peines de prison, pour défendre les animaux. 

Les autorités parlent de végans extrémistes, eux disent mener une révolution au nom des animaux : la révolution « antispéciste ». Selon eux, veaux, vaches, cochon ne seraient pas que des bêtes, mais des êtres sensibles dont la vie doit être respectée.

Caillassages de boucheries ou libération clandestine d’animaux, les activistes antispécistes qui ont accepté de se confier dans le reportage de Complément d’enquête revendiquent leurs actes de délinquance. Ils disent vouloir sauver des vies et obtenir que l’Etat donne plus de droits aux animaux. Quand on leur demande d’où leur est venue cette idée de vandaliser des boucheries, il cite les suffragettes qui en 1912 cassaient les vitrines de Londres pour obtenir le droit de vote.  

Ils sont particulièrement actifs dans le Nord de la France : dans la métropole lilloise, en 16 mois, 16 commerces de viande (boucheries-charcuteries, mais aussi poissonneries ou même fromageries) ont été vandalisés. De mystérieuses attaques de nuit. Selon les images de vidéosurveillance, c’est une petite équipe de quelques personnes qui en est à l’origine. Mais pour les professionnels, cette menace est à prendre très au sérieux.  

Tiphaine et Ceylan, fondateurs du groupuscule « 269 Libération Animale », sont eux déjà sous le coup de 2 peines de prison avec sursis. Mais ils continuent d’organiser régulièrement des opérations commandos. Leur modus operandi : pénétrer de nuit dans des abattoirs pour disent-ils sauver des animaux,des actions tout à fait illégales qui s’apparentent à du vol de bestiaux. Pour contourner la loi française, ils ciblent dorénavant des abattoirs à l’étranger. Cette nuit, ils partent pour une libération de poules. En quelques minutes ils ouvrent les cages et repartent avec 80 volailles. De retour en France, les poulets seront répartis dans différents refuges secrets où ils pourront vivre au grand air et mourir de leur belle mort.  

Mais le message  des antispécistes passe-t-il auprès du grand public ? En ce samedi de septembre, le collectif « Boucherie Abolition » organise des happenings devant les boucheries de toute la France. Une opération médiatique à la mise en scène calibrée, provocante, au plus près des commerçants qu’ils veulent déranger. La tension monte très vite. Et les réactions sont plutôt hostiles … mais les activistes l’assument : comme pour le vol de poules ou les caillassages de boucheries, leur but n’est pas de plaire mais d’imposer un rapport de force.                 

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