Produire mieux, manger mieux... Agriculteurs et éleveurs veulent répondre à la défiance des consommateurs

Un producteur de viande au Salon de l\'agriculture 2018 à Paris.
Un producteur de viande au Salon de l'agriculture 2018 à Paris. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Les initiatives de producteurs se multiplient au Salon de l'agriculture pour rassurer sur la qualité des fruits, légumes, céréales et viandes. 

Face à la méfiance des consommateurs, les producteurs essaient de faire la promotion du "produire mieux, manger mieux" au Salon de l'agriculture de Paris. Le stand d'Interbev, l'interprofession de la viande, annonce la couleur sur une gigantesque banderole : "Aimez la viande, mangez-en mieux". Le slogan est aussi décliné en publicité à la télévision, qui met à l'honneur les "flexitariens" : ceux qui ne mangent pas de viande tous les jours, sans pour autant être végétariens.

Rassurer le consommateur

Dominique Langlois, le président d'Interbev, assume parfaitement. "Aimez la viande, mangez en mieux, c'est finalement le reflet de ce qu'est le consommateur d'aujourd'hui, explique-t-il, un consommateur qui mange des légumes, mais qui mange aussi de la viande qui également souhaite avoir une réassurance sur l'origine française, sur le respect de règles sanitaires, sur le respect de règles environnementales et puis également en manger en quantité raisonnée, donc une démarche positive qui se veut être le reflet de ce qu'est le consommateur d'aujourd'hui."

Tous l'ont bien compris : il faut rassurer le consommateur. C'est ce que se sont dit trois coopératives bretonnes de fruits et légumes, Savéol, Prince de Bretagne et Solarenn. Elles produisent 200 000 tonnes de tomates par an, dont la moitié en France. Elles viennent de lancer leur label "cultivé sans pesticides". "Aujourd'hui, tous les consommateurs réfutent un petit peu tous les aliments qui sont produits dans l'agriculture conventionnelle avec un petit peu trop de chimie à leur goût, estime Christophe Rousse, le président de Solarenn. Nous, avec notre production sous serre, cela fait déjà une vingtaine d'années que l'on utilisait la production biologique avec des insectes et des auxiliaires, mais on ne communiquait pas tellement sur ce sujet donc aujourd'hui on communique et on peut garantir des produits sans pesticides bien sûr."

Le monde agricole obligé d'évoluer

Même prise de conscience environnementale chez les céréaliers. À la demande des consommateurs, eux aussi se lancent dans une opération transparence, avec l'obtention du précieux label "haute qualité environnementale". "Les Français ont aussi, quand ils n'achètent pas du bio, besoin d'avoir une certification de la qualité dans la manière c'est produit, son origine, explique Éric Thirouin, président de l'AGPB, l'association des producteurs de blé. Nous on est convaincu qu'aujourd'hui avec les pressions environnementales que l'on subit sur nos fermes, on est tous certifiables, sauf que l'on ne l'a pas fait savoir."

Plus globalement, c'est tout le monde agricole qui doit évoluer. La loi l'oblige a réduire l'utilisation de produits phytosanitaires d'un quart avant l'an prochain et de moitié d'ici 2025.

Le reportage de Guillaume Gaven
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