Pour la présidente de la FNSEA, Didier Guillaume doit "amener plus de sérénité" au ministère de l'Agriculture

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, mardi 28 août.
Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, mardi 28 août. (RADIO FRANCE)

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, ont réagi mardi sur franceinfo à l'arrivée de Didier Guillaume au ministère de l'Agriculture.

Après la nomination de Didier Guillaume au ministère de l'Agriculture, en remplacement de Stéphane Travers, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, ont fait part, mardi 16 octobre sur franceinfo, de leurs attentes.

"Un ministre qui arrive doit amener plus de sérénité", estime la dirigeante du premier syndicat agricole. "Aujourd'hui, l'agriculture est en pleine mutation, en pleine transformation et on a mieux à faire que d'opposer les ministères entre eux. J'espère que dans la prochaine équipe, on ne remettra pas cela de la même façon", a ajouté Chistiane Lambert. Sur plusieurs dossiers, notamment celui du glyphosate, Stéphane Travers s'était opposé à Nicolas Hulot, ministre de la transition Ecologique. 

Finaliser la loi Alimentation

Christiane Lambert a appelé notamment le nouveau ministre à "finaliser les ordonnances de la loi Alimentation : il y a des avancées intéressantes, mais les outils construits doivent produire des effets dans les mois qui viennent, il faudra que tous les acteurs jouent leur jeu", a-t-elle dit. "Nous avons beaucoup travaillé avec Stéphane Travert, il a essayé de vendre une idée de l'agriculture réconciliée avec l'environnement, ce qu'il a plutôt réussi à faire dans certains domaines", estime la présidente de la FNSEA. 

Obtenir "reconnaissance et de considération"

Sur la PAC, Stéphane Travers "a engagé un tour d'Europe pour convaincre les autres pays européens que nous avons besoin d'un budget enfin à la hauteur et d'une politique agricole qui soit vraiment commune", a poursuivi Christiane Lambert. "Il a compris que l'agriculture, pour évoluer, avait besoin d'accompagnement financier. Il n'a malheureusement pas réussi à mobiliser auprès de Bercy les moyens dont nous avons besoin. Nous avons aussi besoin de reconnaissance et de considération", a-t-elle ajoutée.

Travailler sans dogmatisme

Également interrogé sur franceinfo mardi, le président des Jeunes agriculteurs, Jérémy Decerle, attend lui aussi du nouveau ministre "un suivi efficace" de la loi Alimentation "pour qu'elle soit la plus pertinente possible et qu'elle réponde aux attentes économiques du secteur agricole". Conseiller de Jean Glavany de 1998 à 2002, alors ministre de l'Agriculture sous Lionel Jospin pendant quatre ans, Didier Guillaume était jusqu'alors sénateur et avait été corapporteur en 2014 du projet de loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt. "Je le connais, il a un passé agricole qui est connu aussi dans nos rangs, il est proche des agriculteurs je pense", a souligne Jérémy Decerle, qui attend de Didier Guillaume "qu'il soit aussi bon ministre qu'il était sénateur"

Didier Guillaume, ministre de l\'Agriculture
Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture (RADIO FRANCE / FRANCEINFO / STEPHANIE BERLU)

Évoquant les mésententes sur le respect de l'environnement entre les anciens ministres Stéphane Travert (Agriculture) et Nicolas Hulot (Transition écologique), Jérémy Decerle espère, lui aussi, une meilleure collaboration entre Didier Guillaume et François de Rugy. "Il n'y a pas de meilleur allié à l'Ecologie que l'Agriculture, affirme le président des Jeunes agriculteurs. C'est indispensable qu'on travaille ensemble sans avoir de positions extrêmes parce que l'agriculture est confrontée à la mondialisation et pour éviter de tuer l'agriculture française ça nécessite qu'on ne réagisse pas sur ces sujets-là trop dogmatiquement en imposant des règles qui sont difficiles à respecter", a soutenu Jérémy Decerle.

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