Pesticides : d’où viennent les distances entre cultures et habitations préconisées par l’Anses ?

Épandage près d\'habitations dans le sud de la France.
Épandage près d'habitations dans le sud de la France. (REMY GABALDA / AFP)

Alors que le gouvernement lance une consultation en ligne sur les distances minimales entre les zones d’épandage de pesticides et les logements, franceinfo se penche sur les recommandations de l’Agence de sécurité sanitaire.     

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Cinq ou dix mètres de distance. Le gouvernement met en avant les recommandations de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) pour justifier sa proposition. De son côté, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert affirme sur franceinfo que la "voix des scientifiques doit prévaloir", avant d'ajouter : "Que dit l'Agence nationale de sécurité ? Elle dit 3, 5 et 10 mètres pour les produits les plus problématiques".

Que dit précisément l’Anses ?

L'Agence de sécurité émet une recommandation de distance de 2, 3, 5 et 10 mètres selon la manière dont les pesticides sont pulvérisés. Pulvérisation vers le bas avec des rampes ou pulvérisation vers le haut pour les vergers ou les vignes. Mais l'Anses recommande aussi des distances supérieures à 10 mètres par mesure de précaution pour tous les pesticides classés cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. L'Anses recommande encore que les agriculteurs utilisent du matériel d'épandage qui limite le risque de dispersion des pesticides.

D'où viennent ces chiffres ?

La recommandation de l’Anses peut être relativisée dans la mesure où l'agence n’a bénéficié que de quelques mois pour se prononcer. Saisie par le gouvernement le 28 janvier 2019, elle a rendu sa recommandation le 14 juin 2019. Dans ses conclusions, l'Anses commence d’ailleurs par écrire "compte tenu des délais impartis"… C'est-à-dire, donc, quatre mois et demie. Ensuite, l'Agence rappelle que des études sont actuellement en cours au niveau européen pour réactualiser la méthodologie d'évaluation des dangers à l'exposition de pesticides. Ces études, menés par l'Autorité européenne de santé des aliments (EFSA) ne seront terminés qu'en 2021. À cette date, l'Anses pourra donner de nouvelles recommandations si elle est saisie.

Des études anciennes et trois pays étudiés

En attendant, pour rendre son avis sur ces fameuses distances, l'Anses précise qu'elle s'est appuyée sur un guide de l'agence européenne Efsa datant de 2014. L'Anses précise aussi que "l'évaluation de l'exposition des personnes présentes et des résidents repose sur des données limitées issues d'études effectuées dans les années 80 et sur les données de l'agence sanitaire américaine EPA". Par ailleurs, l'Anses a étudié trois territoires européens pour voir quelles étaient les distances de sécurité. L’Allemagne, la Slovénie et la Wallonie en Belgique. Les distances vont de 2 à 5 mètres en Allemagne, de 2,50 mètres è 20 mètres en Slovénie et jusqu’à 50 mètres en Wallonie quand la zone jouxte une cour de récréation, une crèche ou une école.

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