Orages dans la Loire : des exploitations risquent de "fermer pour cinq minutes de grêle", alertent les Jeunes Agriculteurs

Les orages qui arrivent sur la ville de Saint-Etienne, dans la Loire, samedi 15 juin.
Les orages qui arrivent sur la ville de Saint-Etienne, dans la Loire, samedi 15 juin. (MAXPPP)

Après le passage des orages violents, les agriculteurs du département constatent les dégâts.

Au lendemain des violents orages et de la grêle qui ont touché neuf départements du sud-est de la France, les agriculteurs de la Loire découvrent leurs exploitations dévastées et font le bilan, rapporte France Bleu Saint-Étienne Loire.

Des exploitations ravagées

À Saint-Victor-sur-Loire, Jean-Marc Bertholle découvre que seuls 20 hectares, sur les 115 que compte son exploitation, sont en bon état. "On dirait que c'est broyé, il n'y a plus rien. Toutes les récoltes de foin, de maïs et de céréales sont anéanties", déplore l'agriculteur, installé avec son frère depuis 16 ans. Les récoltes de foin devaient démarrer d'ici une quinzaine de jours.

"Les bras, on ne peut pas les baisser plus bas, c'est dur, confie-t-il à France Bleu. C'est le coup de trop, après deux très grosses sécheresses. Cette année ne commençait pas bien, mais ça s'était arrangé ces dernières semaines... Et maintenant, tout est par terre".

Cinq minutes de grêle, mais de gros dégâts 

En l'espace de cinq minutes, les grêlons ont détruit une grande partie du travail des agriculteurs de la couronne stéphanoise. Dimanche 16 juin, les responsables de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont fait le tour de certaines exploitations pour mesurer l'ampleur des dégâts. Pour l'instant, le périmètre se dessine entre les communes de Rozier-Côte d'Aurec, Unieux, Firminy, Roche-la-Molière, Saint-Genest-Lerpt et Villars.

"Les agriculteurs qui sont assurés pour la paille et les maïs peuvent espérer une petite indemnisation, mais la plupart des agriculteurs de notre secteur ne le sont pas. Donc il n'y aura pas grand-chose, il faut regarder avec l'administration", explique Jean-Luc Perrin, agriculteur à Saint-Maurice-en-Gourgeois et secrétaire général de la FDSEA 42. "On a l'esprit du monde agricole, on ne va pas se laisser abattre comme ça, on va rebondir, il le faut", poursuit-il.

De la pluie annoncée en fin de semaine

Dans certaines exploitations, les agriculteurs ont déjà commencé à ramasser ce qui est récupérable pour les cultures. "Le risque, c'est que l'herbe pourrisse au sol, et on ne peut pas se permettre de perdre de l'herbe comme ça. Il faut récolter au plus vite, surtout que la pluie est de nouveau annoncée pour la fin de semaine", explique Rémi Jousserand, le président des Jeunes agriculteurs de la Loire.

Après des épisodes de sécheresse, les granges sont vides, il n'y a pas de fourrage pour assurer l'hiver, et les prix des matières premières sont très élevés. "S'il n'y a pas d'indemnisation, je pense que des exploitations vont fermer leurs portes, pour cinq minutes de grêle", ajoute-t-il.

Le préfet de la Loire et les représentants de la Chambre d'agriculture dresseront lundi 17 juin un premier bilan de la catastrophe. Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume a déjà annoncé que l'Etat décretera l'état de catastrophe naturelle. 

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